"Citoyens" av Tomas Tranströmer

 

 

"Citoyens

 

Natten efter olyckan drömde jag om en koppärrig man
som gick och sjöng i gränderna.
Danton!
Inte den andre - Robespierre tar inte såna promenader.
Robespierre gör omsorgsfullt toalett en timme på morgonen,
resten av dygnet ägnar han åt Folket.
I pamfletternas paradis, bland dygdens maskiner.
Danton -
eller den som bar hans mask-
stod som på styltor.
Jag såg hans ansikte underifrån:
som den ärriga månen,
till hälften i ljus, till hälften i sorg.
Jag ville säga något.
En tyngd i bröstet, lodet
som får klockorna att gå,
visarna att vrida sig: år 1, år 2...
En frän doft som från sågspånnen i tigerstallarna.
Och - som alltid i drömmen - ingen sol.
Men murarna lyste
i gränderna som krökte sig
ner mot väntrummer, det krökta rummet,
väntrummet där vi alla..."

En lisant le mot "olycka - accident", d'où part cette histoire, on pourrait croire que Tomas Tranströmer avait écrit ce poème après avoir eu un AVC qui l'avait à moitié paralysé et rendu aphasique. Mais il eu cet accident cérébral en 1990. Il ne pouvait alors plus que écrire et jouer du piano de la main droite. Le poème "Citoyens" date de 1978 et se trouve dans son recueil "Sanningsbarriären - La barrière de vérité".

 

Je vous propose ma traduction

 

"Citoyens.

 

La nuit qui suivit l'accident, je rêvais d'un homme à la figure grêlée
qui est allé et a chanté dans les ruelles.
Danton!
Pas l'autre - Robespierre ne fait pas de telles marches.
Robespierre fait spigneusement sa toilette une heure le matin,
pour le reste de la journée il se consacre au peuple.
Dans le paradis des brochures, parmi les machines de la vertu.
Danton -
ou celui qui portait son masque -
était comme sur des échasses.
J'ai vu son visage d'en bas:
comme la lune avec ses cratères,
à moitié en lumière, à moitié dans la peine.
Je voulais dire quelque chose.
Un poids dans la poitrine, comme
le pendule qui fait marcher les montres,
les aiguilles tournent: année 1, année 2 ...
Un parfum comme la sciure de bois dans les cages à tigres.
Et - comme toujours dans le rêve - pas de soleil.
Mais les murs brillaient
dans les rues qui se tordaient
près de la salle d'attente, la chambre vrillée,
la salle d'attente où nous tous ..."

 

 

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Un lecteur français, et même d'ailleurs, doit se demander ce qu'est cet amalgame. Je vous prie de revenir sur une analyse du style de Tomas Tranströmer trouvée dans expressen.de et sur mon explication de traduction du poème "Gogol".

 

Bonniers, le plus grand éditeur suédois, qualifie cette œuvre comme étant "une analyse permanente de l’énigme de l’identité individuelle face à la diversité labyrinthique du monde".

Selon wiki >>>

"La renommée de Tranströmer est largement due à sa maîtrise inégalée de la métaphore et son audace dans la création d'images novatrices. L'image, dans ses œuvres, est d'une incroyable précision, et transmet une émotion toujours à la portée du lecteur. Ainsi, Kjell Espmark, membre de l'Académie suédoise et ami de Tranströmer, explique: « Je voudrais même dire que le secret de cette poésie réside dans l'union inattendue de la vision élargie et de l'exactitude sensorielle. »

Ses poèmes capturent les longs mois d'hiver suédois, le rythme des saisons et la splendeur de la nature. Il explore la relation entre notre intimité et le monde qui nous entoure. Son style introspectif est décrit par le Publishers Weekly comme « mystique, versatile et triste ». Ses poèmes s'apparentent à des prières laïques et des mélopées œcuméniques, marquées par la musique et le monde naturel.

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