Nils Holgersson de Selma Lagerlöf écrit à Falun

J'ai vu il y a dix jours à Värnamo une rétrospective sur le designer finlandais Eere Aarnio, mais je ne peux jamais dire comme lui "Jag blickar alltid framåt, alldrig bakåt - Je regarde toujours de l'avant, jamais en arrière". Plutôt comme Tomas Tranströmer "Le miroir ne voit que mon dernier visage, je connais mes visages passés". Quelque part dans la tête je traîne même tous mes masques de James Ensor que j'ai tout au long flanqués sur mon visage. Aucun de mes visages ne m'a été apporté de l'extérieur. C'est même difficile de porter un visage.

Depuis l'échange primordial que j'ai eu avec Thomas Petsch à Klein Strömkendorf am Salzhaff, il y a 3 semaines quand il était encore en vie, je sais encore plus que mon destin ne cesse de m'étirer à chaque fois du passé vers une nouvelle lumière, depuis presque 64 ans. Les peines sont lourdes à trainer, longues, et le destin apporte toujours une nouvelle cerne de croissance. Det finns alldrig tillfällighet, det finns bara alltid ödet- Il ne se trouve jamais du hasard, mais toujours que le destin.

Mes 6 tentations cumulées vers le soleil au-dessus du Cercle Polaire ne sont que des efforts pour le trouver. Et pour converser une fois rentré.

En 1969, alors que j'avais juste 15 ans, je savais, lors d'un voyage en Suède avec les parents, que mon enfance avait depuis très longtemps été placardée. Mais, comme pour tout enfant alsacien aussi, l'idée d'un voyage fantastique comme celui de Nils Holgersson savait rapporter un rayon à l'étagère.

Si vous surfez sur les billets suivants ou précédents de cet été 2017, vous ne voyez plus que des anthropologies. Ceci dénote de mes 6 expéditions arctiques à vélo où il n'y avait que la nature et moi dedans. Cet été j'accède à un ameublement de l'esprit avec tous ces peintres, tous ces arts, toutes ces industries. Meubler l'esprit, mais de là à lui laisser sa course... Il y a d'autres types d'étirements, qui occupent mais délayent. Je ne sais pas si la couleur cuisinée de cet ameublement sera authentique.

Le Dalarnas Museet, le musée de la Dalécarlie, est aussi dédié à Selma Lagerlöf qui a beaucoup écrit à Falun, dont le "Voyage fantastique de Nils Holgersson à travers la Suède".

Cette phrase ci-dessus, est, une fois de plus, un signe du destin et non un choix ni un hasard.

"Det fanns inte något ställe i Sverige, där Bataki, korpen, tyckte så mycket om sig som i Falun".

En la traduisant je la trouve en écho avec mon introduction en haut de ce billet: "Il n'y avait pas de place en Suède, où Bataki, le corbeau, ne pensait autant à lui-même comme à  Falun".

On a presque l'impression que mon voyage de cet été, depuis la fermeture de la fenêtre climatique des expéditions arctiques à vélo, est un palimpseste.

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