



Ce matin, pour rejoindre le continent, j'avais le car-ferry pour moi tout seul.
Aujourd'hui Göteborg est en fête, c'est la rentrée des étudiants et ça s'entend et ça se voit.
Aujourd'hui j'ai surtout bravé la pluie et la température extérieure qui est passée de 21° à 13°. J'ai roulé en short léger mais avec mon veston Endura imperméable, transpirable et qui coupe du vent avec les indices appropriés. Bon, j'étais tout de même trempé au retour.
Dans la conurbation de Göteborg les pistes cyclables sont des "autoroutes" comme l'ancienne maire écolo de Strasbourg en a semés, mais les milliers de suédois à vélo de Göteborg foncent comme des oufes, et on se trouve très vite en imposture si l'on est un peu indécis parce que le GPS Sigma Rox 12.1 Evo affiche sous les goutes de pluies n'importent quoi, fait des zooms avants et arrières exactement au mauvais moment, change de pages et répond aux commandes manuelles avec avarice. Et... ici, à Göteborg, les piétons sont fous-furieux, ne respectent rien, sont en travers des pistes cyclables, traversent alors que seul le feu rouge miniature dédié uniquement aux cycliste est au vert. Je retrouve les torpeurs quand j'avais traversé deux fois Stockholm en vélo couché et à vélo droit.
Seul un Wattman a arrêté son tramway, m'a fait un joli winke-winke avec sa cloche des alpages, et m'a montré où je devais aller, car la piste cyclable était en rénovation avant de recevoir un nouveau belagning. C'est le seul sourire que j'ai eu, d'ailleurs, ici, à Göteborg, personne ne sourit, ni dans les boulangeries, les cafés, les stations-services, les ICA. Mais ça n'a rien du tout à voir avec la réserve naturelle et élégante des Suédois. Dans cette mégalopole ils sont cinglés. Le Göteborgs Skärgård est beau, mais j'ai déjà hâte de me retrouver dans les endroits naturels, car c'est oppressant. C'est drôle, il y a plein de trucs à voir, mais comme je suis un cycle-thériantrope membre du resande folket et inclus dans les formations en V des migrerande gäss, j'ai l'impression d'aller nulle part avec déjà mes petites centaines de kilomètres à vélo à traction animale. J'ai l'intention d'aller au Göteborgs Konstmuseum, qui possède la plus grande collection d'art scandinave des années 1880 et 1890, mais ça reste à voir.
Un troupeau de bikers en Harley et Gold Wing vient d'arriver à Solhem ! Petits, très petits, grands, très grands, gros, vieux entre 75 et 80 ans qui hurlent, rigolent fort et se croient drôles à chaque syllabe. Le WE sera chargé, car le WE ça boit en Suède, la vente de vins et d'alcool ne se fait que dans les magasins d’État, le System Bolaget. Ces personnages sont des vétérans militaires norvégiens du MILVETMC. Ca n'a pas loupé, 1/2 heure après l'arrivage, ils avaient déjà tous... un verre de rouge à la main. Je crois qu'il y a une femme, enfin ça y ressemble, mais le cuir c'est pas du latex.
Demain il pleut encore plus, je vais sans doute rester à Solhem et faire un tour à la supérette ICA.
Aujourd'hui j'ai fait sans difficulté un tour de 101 km avec un Dénivelé positif de 570 mètres, mais j'ai attrapé un énorme coup de soleil; même en Alsace sous la canicule je suis passé à travers les rayons du soleil sans encombres. Demain j'ai le pif en cloques.


Aujourd'hui je suis incapable de compter le nombre de ferrys pour piétons et cyclistes, et de car-ferrys que j'ai pris. Certains ne sont plus capables de compter le nombre de joints qu'ils ont pris dans la journée, mais pour moi l'euphorie est la même. J'ai même pesté contre ma mère qui ne m'a pas pondu en Suède.













Une fois de plus je remets cette phrase-collier suédoise que j'avais apprise un jour ou l'autre au-dessus du Cercle Polaire au cours d'une de mes 







<< clic | Synthèse du traducteur: Le narrateur tente de tisser son Fil d’Ariane, son Ariadnes tråd, depuis la forêt de son village des montagnes loin au-delà du Cercle Polaire, à la Grande ville de Stockholm, jusqu'à la forêt de son village des montagnes, en se posant tel un Chardonneret sur des livres, de la littérature, des auteurs français et des gens. Son déplacement n’est pas migratoire, il est dans une influence, sans savoir si elle est externe ou si elle vient de l’intérieur ou de la terre. Un Chardonneret, mais il n'y en a pas par ici, en Tornédalie. Le traducteur propose comme titre français du roman « Au coeur d'une influence ».





Il y avait des aurores boréales, faibles sur Fårö, mais qui ont été bien plus fortes, bien au sud à Hambourg.



