Ma 6ème traduction depuis le suédois >>> "Det sista konstverket" av Sofia Lundberg - "La dernière œuvre"
Par Thåmas le 9. juin 2025, 18h28 - Catégorie : översättningar till franska - traductions depuis le suédois - Lien permanent
Mise à jour du 30 juillet 2025
Après mon retour le 05 novembre 2024 à la suite de deux mois entiers passés en Öland et en Gotland au milieu de la Baltique à faire 2513 km avec mon vélo à traction animale, j'ai loupé deux marches dans l'escalier de ma copropriété et je me suis étiré violemment le tendon d'Achille. Le podologue a rigolé et m'a exhorté à marcher, marcher, marcher et à ne pas faire du vélo. Je n'ai plus pu faire du vélo pendant 7 mois et j'ai recommencé seulement le 17 mai 2025. Et comme je ne "sais jamais m'arrêter" comme me disait 10.000 fois ma mère, j'avais mis le 06 novembre 2024 mes jantes à mon cou, je me suis acheté une Smartwatch et j'ai marché... 2500 km, tous les jours entre 10.000, 17.000 et même... 21.000 pas par balade, en rond dans la ville de Strasbourg jusqu'au 16 mai 2025. Quand je ne marchais pas je traduisais, et j'ai traduit Häng City de Mikael Yvesand qui fait un peu plus de 300 pages. Donc comme d'habitude, 300 pages en 3 mois et 1000 heures de travail, dimanche et jours "de fête" compris, ça évite de penser à mon födelsedag, à noël, au nouvel-an. Les deux dernières années j'ai traduit pendant... 5000 heures 5 romans suédois. C'était super, je ne pensais à rien. Du 17 mai 2025 au 09 juin 2025 j'ai déjà refait 819 kilomètres avec mon vélo Simplon Kagu HD à boîte Rohloff à 14 vitesses dans le moyeu arrière. Le tendon d'Achille est guéri. J'ai déjà dépassé le 101 km, avec la boucle Strasbourg / Canal de la Marne / Saverne / Marmoutier /Romanswiller / Marlenheim / Canal de la Bruche / Strasbourg. Ça bronze.
En 2024 il me manquait 380 km pour atteindre la barre des 8000 kilomètres annuels à vélo.
Depuis quelques semaines après une vacuité abyssale de la retraite que je n'ai prise qu'à 67 ans - quelle horreur la vacuité, mais je sais faire sans éprouver de gène, juste un peu de tristesse au regard du sens de la vie - j'ai commencé la traduction d'un 6ème roman suédois. Il parle d'une dernière œuvre d'une artiste peintre et sculpteure qui fait des statues de bronze. Est-ce prémonitoire ou un antépénultième saut de trampoline? Il est beaucoup plus long que les 5 autres romans qui faisaient toujours juste 300 pages. Ce roman en fait 386, et les caractères sont plus petits. Je n'aurai pas fini avant mon nouveau départ fin août pour la Finlande suédophone et la Suède. J'irai de nouveau répartir mes prochains 2000 km et + à vélo en terres nordiques et scandinaves, continentales et insulaires et je compterai aussi... les MIG russes qui violent régulièrement à la marge l'espace aérien finlandais et suédois. Il y a deux ans mon ferry de la Stena Lines avait dû faire une énorme boucle vers Bornholm pour éviter le bouillon du gazoduc Nord Stream II. Mais j'irai visiter en Finlande des Lapons qui m'avaient accueilli en 2016, exténué comme chaque jour, quand je faisais avec ce vélo Simplon Kagu HD ma 2ème conquête du Nordkapp. Ils m'ont écrit il y a deux semaines, après 9 ans de course avec les rennes dans le lichen et les mousses.
A partir du 24 avril 2025 j'ai aussi joué avec ma nouvelle Skoda Kamiq qui comme ma précédente Yéti est juste assez grande pour mettre un vélo verticalement dedans. Depuis le 24 avril 2025, j'ai fait avec 1536 km, pour rien, juste pour faire son rodage, et comme je ne roule jamais au-dessus de 90 km/h et 3000 rmp, elle me fera aussi 12 ans comme ma Yéti, et en 2035 je jetterai à la poubelle une voiture neuve avec laquelle je ne fais que 3600 km par an comme avec ma Yéti et entre 8000 et 10.000 km annuels à vélo, et depuis mai 2024 de nouveau à vélo à traction animale. Je vais d'ailleurs de nouveau passer à Nynäshamn au sud de Stockholm en octobre. Je vais aussi visiter à Helsinki un étudiant que j'avais eu il y a une 15aine d'années en Master Grande École à l'EM-S, École de Management-Strasbourg. Voilà dans les grandes lignes, romanesques comme d'habitude, mais je n'ai jamais su faire autre chose depuis 72 ans. Quand j'étais petit et que je faisais tout le temps des jeux-de-mots, dans chaque phrase, ma mère comme ses copines du Wilhelmer Chor du temple Saint-Guillaume qui ne comprenaient rien, disais toujours avec un genre de rire roucoulé, "on ne comprend pas toujours ce qu'il dit, vous savez c'est un artiste". A cette époque je ne peignais pas encore, car j'avais seulement commencé la peinture à l'huile le 6 mars 1978 à 18:30, une vingtaine d'années plus tard. Sur mon autre site web, le linguiste atterré que je suis s'est fendu d'une analyse qui vous amusera tout autant. Mais gardez les poulets pour vous, je ne suis pas une fiche S. Je sais, on S'en fiche.
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Le roman Det sista konstverket de Sofia Lundberg commence immédiatement dès la 1ère page au Moderna museet de Stockholm que j'ai visité le 12 octobre 2019 juste après mon départ à la retraite à 67 ans, lors de ma virée de 2247 kilomètres avec mon vélo électrifié Husqvarna et ma remorque profilée - Helsinki-Turku-Stockholm-Nynäshamn-Gotland, Visby, Fårö-Oskarshamn-Karlskrona-Ystad-Trelleborg. C'est là, sur ma trajectoire, que j'avais découvert la route qui mène de Stockholm à Nynäshamn, sur la Baltique où j'avais pris le ferry pour Visby en Gotland. Cette route qui est devenue l'une de mes peintures à l'huile en devenir, en fait ma dernière peinture à l'huile qui n'est toujours pas finie depuis octobre 2019, et qui doit apparemment prendre son temps pour délivrer son message, laisser apparaitre son message. A mon avis je finirai mon tableau, mon dernier à l'heure actuelle, en même temps que ma traduction de ce roman Det sista konstverket. Le mystère, son mystère reste entier, et je ne sais pas s'il sera dévoilé, révélé, et si l'enfant couché, qui se masque les yeux, ira en se noyant ou ira hors des flots grâce au clapotis de la sculpture Body & Soul de Fredrik Wretman et au chant Solitude de Sofiane Pamart << que je vous recommande vivement d'écouter ! Le pape en camail blanc s'est déjà barré, mais Eugène est arrivé par le Canal de la Bruche. Et clic ci-dessous sur Eugène ou sur ma dernière peinture > > >
Ballade au Canal de la Bruche le 17 juin 2025 en présence d'Eugène
”Och som ni alla vet är hon här i dag, för att själv avtäcka sitt senaste konstverk. Det är det första nya hon har visat på flera år. Och hon säger själv att det är hennes bästa någonsin. Det är en ära att hon väljer själv att visa upp det första gången här, i Stockholm. Välkommen, Hanna Stiltje!”
Kvinnan sträcker ut armen mot utställningshallens dörrar. Den smala springan vidgas och Hanna tar ett steg fram. Hon är klädd i en röd klänning med ett brett skärp i midjan. Kjolen är snäv upptill och nedtill och kupad däremellan, den väver sig runt hennes ben som en upp-och nedvänd tulpan.
En slokande hatt döljer hennes ögon när hon går mot scenen med blicken mot marken. Inte ensam. En man följet tätt i hennes spår. När hon kommer fram till det första trappsteget tar han stöd av hans hand. Hon griper tag i den, håller den stilla några sekunder, med ryggen vänd mot publiken. Hon säger någonting, en diffus viskning som inte nå fram till åhörarna. Men mannen hör, han skrattar till, kysser henne hastigt på kinden och hjälper henne upp för trappstegen. Sedan släpper han taget och tar några steg tillbaka. Han ställer sig där och väntar, med ryggen lutad mot väggen.
"Et comme vous le savez tous, elle est ici aujourd'hui pour dévoiler elle-même sa dernière œuvre d'art. C'est la première nouvelle œuvre qu'elle expose depuis des années. Et elle dit elle-même qu'il s'agit de sa meilleure exécution. C'est un honneur qu'elle choisisse de l'exposer pour la première fois ici, à Stockholm. Bienvenue, Hanna Stiltje!"
La femme tend le bras vers les portes du hall d'exposition. L'espace étroit s'élargit et Hanna fait un pas en avant. Elle porte une robe rouge avec une large ceinture à la taille. La tulle est serrée en haut et en bas et au milieu, elle s'enroule autour de ses jambes comme une tulipe inversée.
Un chapeau souple à bord tombant cache ses yeux tandis qu'elle s'avance vers la scène en regardant le sol. Elle n'est pas seule. Un homme la suit de près. Lorsqu'elle atteint la première marche, il lui prend la main. Elle la saisit, l'immobilise quelques secondes, le dos tourné au public. Elle dit quelque chose, un murmure diffus qui ne parvient pas jusqu'au public. Mais l'homme entend, il rit, l'embrasse à la hâte sur la joue et l'aide à monter les marches. Puis il la lâche, recule de quelques pas. Il reste là et attend, le dos appuyé au mur.
Ett leende lurar i mungipan, hon vinkar lätt med ena handen innan hon till slut börjar tala, på släpig amerikanska.
”Alla konstverk har sin historia, sina emotioner”, säger hon och tystnar igen, en lång stund. Hon betraktar publiken med huvudet högt, möter deras förväntansfulla blickar. Ler, så att ögonen skrynklas ihop, en gnista tänds där inne.
”Mitt nya konstverk, som ni snart ska få se, är det bästa jag någonsin har gjort. Och det blir det sista jag lämnar efter mig i den här världen. Jag är färdig, helt enkelt. Färdig med konsten.”
Un sourire se dessine au coin de sa bouche, elle fait un léger signe de la main avant de prendre la parole, en américain avec une voix traînant.
« Toute œuvre d'art a son histoire, ses émotions », dit-elle avant de se taire à nouveau, pendant un long moment. Elle regarde le public, la tête haute, croisant les regards attendus. Souriante, les yeux plissés, une étincelle s'allume en elle.
"Ma nouvelle œuvre d'art, que vous verrez bientôt, est la meilleure que j'aie jamais réalisée. Et ce sera la dernière chose que je laisserai derrière moi dans ce monde. Je suis finie, tout simplement. J'en ai fini avec l'art."
Ett sus går genom publiken. Kameror smattrar på nytt, en man med en filmkamera tränger sig fram, han böjer sig ner och följer konturerna, går nära för att fånga detaljerna. En kvinnlig reporter från samma kanal följer tätt efter, när fotografen vrider kameran mot munnen.
”Och här ser vi alltså det som är, det som vi nyss fick höra är… Hanna Stiltjes allra sista konstverk. En… eh… byrå.”
Reportern kan inte motstå att rynka lite på pannan när hon säger det sista ordet, som om det hon ser bekymrar henne, eller rent av gör att hon tappar respekten.
Byrån som står där, framför publiken, ser ut som ett lapptäcke av bråte. Alla delarna är olika; i färg och form och material. Den svarta stenskivan ovanpå har ojämna fläckar och hack, en svartmålad pappersros hänger slokande ut över kanten.
Lådorna är snickrade av gamla fönster, lister, smutsiga och fläckiga brädbitar, skåpdörrar. Bakom en glasruta ligger en hög med kuvert, pappersfibrerna har slitits isär när de har öppnats, kanterna är oregelbundna, hackiga.
Hanna tar ett djupt andetag och ser ut över publiken. De har börjat röra på sig, många har vänt sig från scenen och köar för att komma in i utställningshallen, in till den stora utställningen som de är där för att se. Den med hennes storslagna oljemålningar och bronsstatyer, de som har gjort henne berömd över hela världen.
Une effervescence parcourt l'assistance. Les appareils photo crépitent à nouveau, un homme muni d'un appareil photo se fraye un passage, se penche, suit les contours, s'approche pour en saisir les détails. Une journaliste de la même chaîne suit de près, tandis que le photographe tourne l'appareil en direction de sa bouche.
"Et voici donc ce qui est, ce que nous venons entendre être... la toute dernière œuvre d'art d'Hanna Stiltjes. Un... euh... bureau."
La journaliste ne peut s'empêcher de froncer un peu les sourcils en prononçant le dernier mot, comme si ce qu'elle voyait l'inquiétait, ou même l’empêchait de garder son respect.
Le bureau qui se trouve là, devant le public, ressemble à une accumulation de débris. Toutes les pièces sont différentes, de par leur couleur, leur forme et leur matériau. Le plateau en pierre noire présente des taches et des entailles irrégulières, une rose en papier peinte en noir pend mollement sur le bord.
Les tiroirs sont faits de vieilles fenêtres, de moulures, de morceaux de planches sales et tachées, de portes d'armoires. Derrière une vitre se trouve une pile d'enveloppes, dont les fibres de papier se sont déchirées à l'ouverture, et dont les bords sont irréguliers, déchiquetés.
Hanna respire profondément et regarde le public. Ils ont commencé à bouger, beaucoup se sont détournés de la scène et font la queue pour entrer dans le hall d'exposition, dans la grande exposition qu'ils sont venus voir. Celle avec ses magnifiques peintures à l'huile et ses statues en bronze, celles qui l'ont rendue célèbre dans le monde entier.
”Hanna Stiltje, kan du berätta lite mer för oss? Är det här ett suggestivt sätt att leka med vad ett liv är? Att vi bär på olika lådor inom oss?” frågar en annan reporter och sträcker fram mikrofonen mot hennes ansikte. Den kommer med sådan fart att hon ryggar undan och dunsar in i någon, hon ursäktar sig.
"Hanna Stiltje, peux-tu nous en dire un peu plus? Est-ce une manière suggestive de jouer avec ce qu'est une vie? Que nous portons en nous différentes boîtes?" demande un autre journaliste, en approchant le micro de son visage.
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Det lilla barnet låg i sin egen avföring. Mitt i rummet, på golvet. Utan kläder, omsvept av en smutsig filt som nästan helt hade glidit av kroppen. Hon sparkade ilsket med de nakna benen, som om hon kämpade för att ta sig därifrån. De vevade i luften, händerna också. De små nävarna var hårt knutna. Men flickan grät inte, hon gav inte ifrån sig ett enda ljud. Det var som om hon förde en tyst kamp för sitt liv. Ögonen var uppspärrade, stirrade tomt i rummet.
Knut föll på knä och lyfte upp henne i sin famn, han höll henne nära, utan att bry sig om att flanellskjortan blev fläckad av bajs. Han vyssjade henne, gungade med hela kroppen, viskade i hennes öra:
”Lilla hjärtat. Lilla du. Allt blir bra nu, allt kommer att bli bra.”
Det stod spritflaskor och halvfulla glas på bordet. Och ölburkar, öppnade, stinkande, kramade av händer till dess att den tunna aluminiumplåten skrynklats ihop av kraften. En kanyl låg där också, helt öppet, och ett gummiband med knuten kvar, den var dubbelt slagen, det smutsgula gummit bullade upp sig. En matsked, eldad under så att stålet hade blivit svart av sot. Rester av ett vitt pulver kunde anas på en skärva av en spegel. Knut stirrade på den när han hävde upp den lilla nakna bebisen mot axeln, så att hon skulle slippa se misären. Kanske var det amfetamin, den fruktade drogen som han läst så mycket om.
Le petit enfant était couché dans ses propres excréments. Au milieu de la pièce, à même le sol. Sans vêtements, enveloppée dans une couverture sale qui avait presque entièrement glissé sur son corps. Elle donnait des coups de pied rageurs avec ses jambes nues, comme si elle luttait pour s'enfuir. Elles s'agitent en l'air, ses mains aussi. Les petits poings étaient serrés. Mais la fillette ne pleurait pas, n'émettait pas un seul son. On aurait dit qu'elle menait un combat silencieux pour sa vie. Ses yeux étaient grands ouverts, fixant le vide.
Knut tomba à genoux et la souleva dans ses bras, la serrant contre lui, sans se soucier du fait que sa chemise de flanelle était tachée de caca. Il la berça, balançant tout son corps, lui murmurant à l'oreille:
"Mon petit cœur. Toi, ma toute petite. Tout ira bien maintenant, tout va bien se passer."
Sur la table, il y avait des bouteilles d'alcool et des verres à moitié pleins. Et des canettes de bière, ouvertes, puantes, serrées par les mains jusqu'à ce que la fine feuille d'aluminium en soit froissée sous la force. Une seringue était là aussi, sans capuchon, et un élastique avec le nœud encore en place, il était doublement noué, le caoutchouc jaune sale faisait des bulles. Une cuillère à soupe, dont le dessous a été brûlé et dont l'acier est devenu noir de suie. Les restes d'une poudre blanche étaient visibles sur un éclat de miroir. Knut le fixa en portant le petit bébé nu sur son épaule, pour qu'elle ne voie pas la misère. Peut-être s'agit-il d'amphétamine, cette drogue redoutable dont il a tant entendu parler.
Mise à jour du 30 juillet 2025
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