2006-10, en Hotchkiss AM2 de 1925 >>> Expéditions en Angleterre, en Ecosse, Irlande, aux Îles Féroé, en Norvège, en Finlande, en Laponie au dessus du Cercle Polaire
2011-16, à vélo à traction animale >>> deux fois la Cap Nord, et expéditions arctiques en Finlande, Suède, Norvège, Laponie au dessus du Cercle Polaire
2017-18, en MGB de 1980 >>> Expéditions en Finlande et Suède
2019-2022-2023, à vélo électrifié Husqvarna >>> Expéditions en Finlande, Suède, les îles suédoises Öland, Gotland et Fårö
Sedan 2011 har jag cyklat mer än 97.000 kilometer, varav 56.000 djurdriven och 41.000 med elcykel, i närområdet eller i Norr
Depuis 2011 j'ai fait plus de 97.000 kilomètres, dont 56.000 à vélo à traction animale et 41.000 à vélo électrifié, localement ou dans le Grand Nord
Fin du reportage sur la traductionle 21 avril 2026 - Optimiséécran 1920 x 1080, taille réelle sous Firefox
<<< clic | Synthèse du traducteur: Le narrateur tente de tisser son Fil d’Ariane, son Ariadnes tråd, depuis la forêt de son village des montagnes loin au-delà du Cercle Polaire, à la Grande ville de Stockholm, jusqu'à la forêt de son village des montagnes, en se posant tel un Chardonneret sur des livres, de la littérature, des auteurs français et des gens. Son déplacement n’est pas migratoire, il est dans une influence, sans savoir si elle est externe ou si elle vient de l’intérieur ou de la terre. Un Chardonneret, mais il n'y en a pas par ici, en Tornédalie. Le traducteur propose comme titre français du roman « Au coeur d'une influence ». Översättarens sammanfattning: Berättaren försöker väva sin Ariadnes tråd, sin Fil d’Ariane, från skogen i sin fjällby långt ovanför Polcirkeln, till storstaden Stockholm, och tillbaka till skogen i sin fjällby, medan han sätter sig som en steglits på böcker, litteratur, franska författare och människor. Han är ingen flyttfågel, han befinner sig i ett märkbart inflytande, utan att veta om det är yttre eller om det kommer inifrån eller från jorden. En steglits, men det finns inga här, i Tornedalen. För Mattias Timanders roman föreslår översättaren den franska titeln ”Au coeur d'une influence”. ( Inifrån ett inflytande )
Avant-propos du traducteur: Ce roman est écrit en suédois dialectal et est donc plus difficile à traduire, mais comme pour mes six autres romans suédois, je ne le lis pas à l'avance, je le découvre, "pö och pö", lignes après lignes, que je réécris à la main sur mon PC. Ici, tout naturellement il y a ma dichotomie naturelle esprit-corps qui tente à travers mes doigts et ma planche à lettres à s'amenuiser. Pour malgré tout voir si ce roman gravite sur mes points d'acuponcture au-dessus du Cercle Polaire - ce qui détermine mon choix et mon intention - j'ai juste feuilleté 10 minutes sur Google pour avoir appris que l'auteur, Mattias Timander, vient du Norrbotten, du dernier comté au Nord de la Suède, de Kiruna et de sa région allant jusqu'en Norvège, en Finlande, en Tornédalie. C'est la seule région où j'accède à la capacité à être heureux, où je vis, que ça avait été une fois avec ma Hotchkiss de 1925, ou de nombreuses fois à vélo à traction animale. A l'arrière du roman il est écrit que le personnage du roman ne se sent nulle part chez lui, ni au village, ni à la ville. Il est nulle part installé, ni dans un milieu lettré au milieu de livres de littérature. Si j'ai bien compris, dès le 1er chapitre, ni près des Mésanges boréales, ni devant son porridge aux airelles, ni dans les Alpes suédoises, mais peut-être en forêt.
Rien qu'en regardant le titre et la couverture de ce 7ème roman, j'avais compris qu'il avait été écrit pour moi. " Ta volonté réside en forêt - Dans une influence ". Ceci fait appel en moi à trois choses:
à mes 97.000 kilomètres à vélo depuis 2011, mes 13.000 kilomètres autour du Cercle Polaire, mes deux conquêtes du Nordkapp à vélo à traction animale depuis Trelleborg, le sud de la Suède, ou depuis Helsinki, le sud de la Finlande, mais en passant, non pas directement vers le nord à l'intérieur des terres mais à l'ouest du continent scandinave par les Îles Lofoten/Vesterålen sur le littoral de la Mer de Norvège.
au cykelteriantrop comme je me définis, c'est à dire un thériantrope qui est mi-humain mi-bicyclette
au vécu de moi-même que j'ai à chaque fois lors de mes expéditions baltiques, botniques, scandinaves, féringiennes, arctiques, nordiques, en Tornédalie, loin au-dessus du Cercle Polaire à vélo,
à savoir que je sais très bien que mon corps et mon esprit ne font pas partie de la même histoire, ce que j'ai souvent écrit ici dans mes 1538 reportages depuis 2011.
En fjällvråk flög in över myren och satte sig någonstans. Hade likat lämmel och sork och så vart han mätt. Myren luktade enbär och sump. Molndraperiet där uppe hade avtäckt bergens branta blåa bård och fjället där bakom och man kunde se Tages båt på sjön. Stilla var det och någon, kanske Fjällborg, körde sågen nere på byn eller om det var vedklyven.
Från min stuga behövde man inte gå långt upp på backen för utsikten över halva älvdalen och massivet på andra sidan. Fortsatte man längre och över trädgränsen var man på kalfjället. Åt andra hållet neråt var byn och storstugan och dit gick man på sjunken grusväg med torra höga grästuvor. Vägen hölls efter ibland, det gick i perioder, lite beroende på vad Fjällborg hade för humör. Ibland plogade Tage om vintern. Man som gav och tog och sku man behövt skjuts var det säkert nån som ändå skulle till stan. En annan hade son inte lika mycket att ge kanske, till skillnad från Anders och Carola, eller Fjällborg för den delen.
Till stan hade jag varit bara fram och tillbaka, provianterat och fyllt soppa i gammvolvon. Slut kaffe hade jag haft, det var väl då man fick tummen ur och iddes fara. Handlade basvarorna på Konsum och sånt man kan ha i frysen. Nog klarar man sig alltid, och oftast på mindre än man tror. Hjortronen och lingon till gröten och älg hade jag frysen full och så drag på sjön sommartid. Det var sällan att jag lagade nå mat själv och så fick man i storstugan om man hade tur.
Une Buse pattue des montagnes survola la tourbière et se posa quelque part. Elle avait mangé des lemmings et des campagnols et était rassasiée. Le marais sentait le genévrier et le marécage. Les nuages avaient dévoilé la crête bleue escarpée et à l’arrière de la montagne on pouvait voir sur le lac la barque de Tage. Tout était calme et quelqu'un, peut-être Fjällborg, faisait fonctionner la scie là en bas dans le village ou bien c'était la fendeuse de bûches.
Depuis ma cabane, il n'était pas nécessaire de monter très haut sur la pente de la berge pour avoir une vue sur la moitié de la vallée du fleuve et le massif de l'autre côté. En continuant plus loin et en dépassant la limite des arbres, on arrivait sur la clairière chauve du plateau des montagnes (kalfjäll). De l'autre côté, en contrebas, se trouvaient le village et la grande cabane, auxquels on accédait par un chemin de gravier creusé en deux sillons, bordé de hautes touffes d'herbe sèche. Le chemin était parfois entretenu, par périodes, un peu selon l'humeur de Fjällborg. Parfois, Tage le déneigeait en hiver. L’homme qui donnait et recevait, et si on avait besoin d'un moyen de transport, il y avait toujours quelqu'un qui allait à la ville. D'autres n'avaient peut-être pas autant à donner, contrairement à Anders et Carola, ou à Fjällborg d'ailleurs.
Je n'étais allé en ville que pour faire des courses et remplir le coffre de ma vieille Volvo. Je n'avais plus de café, c'était le moment de se bouger et de se dépêcher. J'ai acheté les produits de base au Konsum et ce qu'on peut avoir au congélateur. On s'en sort toujours, et souvent avec moins qu'on ne le pense. J'avais le congélateur plein de fruits de plaquebière et d'airelles rouges pour le porridge et le hachis d'élan, et je pêchais sur le lac en été. Je cuisinais rarement moi-même et on mangeait dans la grande cabane si on avait de la chance.
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propos du traducteur du 13 mars 2026, 10h15 >>> ceci est l'unique objet que j'ai de ma grand-mère paternelle, danoise, morte avant ma naissance, et dont personne ne parlait à la maison. On savait qu'elle était morte d'urée. J'avais depuis 25 ans cette frange de broderie dans mon WC, en-dessous du plafond. Aujourd'hui, en me levant, j'avais pensé à cette Marie Sievers, j'ai eu une vision holistique de cette frange de broderie et je l'ai mise en règne sous le plafond de mon salon. Det finns ingen tillfällighet, det är bara ödet / il n'y a pas de hasard, ce n'est que le destin, comme je l'écris si souventdepuis des années dans mes reportages. L'urée a duré à l'aplomb de la chasse d'eau, mais en offrant ce matin la translation de l'ombre à la lumière à cette frange de broderie bleue du Kattegat, je me suis redit à haute voix le nom de ma grand-mère, Marie Sievers. Marie Sievers. Évidemment, cette scansion n'était, elle aussi, pas fortuite. Chez moi, depuis 73 ans, rien n'est calculé, mais rien n'est fortuit. Marie Sievers de ce matin faisait appel en moi à mon aire d'errance et de propagation depuis ma naissance, et plus particulièrement à ma gravité terrestre, si souvent exprimée ici, que mon corps et mon esprit ne font pas partie de la même histoire. Je n'ai même jamais vu la moindre des photos de Marie Sievers, elle n'a existé pour moi que sous forme de nom. Cette broderie danoise est le seul objet qui me relie à celle-ci.
27 août 2017: Dans l'hôtel à Lautenthal près de Salzgitter il n'y a que des statues très anciennes en bois venant d'Indonésie. Et comme quotidiennement, la douce chaîne du destin m'enlace encore de son châle. A l'hôtel il n'y a que moi et... des danois avec lesquels j'ai discuté en suédois et eux en danois. Je crois avoir compris qui ploie mon destin de cette manière aussi sûrement et dans cet ordre cet été, en dehors de l'oie de Nils Holgersson: c'est ma mémé danoise Marie Sievers de Tellingstedt du Ditmarschen, région qui avait été annexée par le Kaiser Wilhelm II. Jusqu'à présent c'était toute ma vie ma mémé maternelle Germaine Lutz qui m'avait sorti de tous les mauvais sorts, encore récemment. Elle était née en 1900. Mais depuis cet été Marie Sievers me ramène en Scandinavie. Comme jeune fille elle était politiquement active et était dans le Komitee pour le retour sous la couronne danoise. Mais toute l'Europe avait été lâche et n'était pas intervenue contre le Kaiser. Déjà à Aberdeen en 2008, en Écosse quand je me sentais êtreun Highlander avec ma Hotchkiss de 1925, c'était Marie Sievers qui était aux commandes. En effet, lors de la "Potato-Famine", la famille Sievers a émigré au Danemark au lieu d'aller comme les autres Écossais et Irlandais en Amérique.
28 septembre 2022: Aujourd'hui j'ai de nouveau traversé Gotland, mais un peu plus au nord pour aller à l'archipel de Slite, le Slite Skärgård. Un soleil qui me sort de l'ordinaire, rasant comme quand j'étais en plein mois de juillet deux fois au Cap Nord avec un vélo à traction animale. Un tel soleil rasant offre aussi un ciel d'un tel bleu nordique scandinave, simplement parce que la lumière du soleil traverse une couche atmosphérique plus longue et de biais. L'éventail chromatique de la lumière du soleil est donc partiellement filtré. Sous un tel ciel, un vrai ciel, je sais que je suis moi, une faculté d'être que je ne trouve jamais chez nous dans ma région d'origine et de transhumance. Les gènes de ma grand-mère danoise, Marie Sievers de Osterborstel - Tellingstedt, gigotent alors en moi dans tous les 5 sens. Jag är bara mig själv, här och ingen annanstans. je ne suis seulement que moi-même, ici et nulle part ailleurs. Jag bränner här alla mina brev, je brûle ici toutes mes lettres. Le vrai langage est en moi, det sanna språket finns i mig. Ailleurs je n'exprime pas. Du sud au nord en Suède, Norvège, aux Îles Lofoten et encore au Danemark au nord, j'ai cette capacité (re)trouvée à exister, et aussi en Laponie finlandaise. Je sais qu'à Fårö je me baignerai dans l'être et dans le jamais avoir été. Je me souviens avoir eu pour la 1ère fois ce sentiment d'existence et de la force du langage quand j'étais enfant, vers 6 ou 7 ans, quand nous étions en vacances au Danemark à la pointe extrême nord, à Skagen, où se séparent la mer du Skagerrak et celle du Kategatt, et où les forts courants marins de la Mer du Nord s'engouffrent pour rejoindre vers l'est la Baltique. D'ailleurs Skagen est à la hauteur de Göteborg et de Visby. Et, comme par une magie de la vie, quand j'avais 25 ans ma petite amie, Gunylla Lervik, suédoise, chorégraphe et peintre, venait de Göteborg.
J'avais écrit le 20. octobre 2025 dans mon post >>> Bertil Vallien, glaskonstnär - artiste cristallier | en sann Mästare - un véritable maître - Kosta Boda Glasbruk >>> Dans le Glasriket, le royaume des cristalliers, du souffle et du moule, dans le centre cosmogonique de la transluminescence. Chaque fois que j'arrive au culminantentre tangentielles, raies d'ombres et vagues de lumière, je ressens, je sais, que je suis exactement arrivé au bon moment et que le destin a fait ce qui était en son pouvoir pour me porter jusque là.
La frange de broderie bleue du Kattegat a été mon kalfjäll, ma clairière chauve du plateau des montagnes, pendant au moins la moitié de mes décennies à vivre.
Je vous invite à revenir de temps en temps ici, dans cette nouvelle forêt, où les mots s'inscrivent et ont droit d'être cités. Fin du propos du traducteur
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"Via Crusis", peintures de Christophe Hohler - Galerie L'Estampe, Strasbourg - 14-03 au 15-04-2026
Där jag satt i stugan min mot kvällningen vart det att jag mindes då när man var barnet. Det var som speciellt, när man ändå blivit ett par år över tjugi, att börja kunna se tillbaka på barnåren med en vuxens blick. Herregu vad man sprang här i byn. Det vart väl som hemma nästan fastän vi bodde i stan egentligen. På helgerna var det stugan. Jag var duktig i skolan men ändå var det att man längtade till fredag då farsan kom och hämtade med gammvolvon och vi för. Det var väl att jag tyckte skolarbetet var trist fastän jag var frökens favorit.
Det var nå hemskt gnäll på dom andra i klassen om läxor. Jag hade oftast gjort dom klart redan innan vi slutade. Kunde lyssna på radion hemma sen. Jag var väl som lillgammal, sa dom i alla fall. Men dataspel var också kul och favoriten Alfons Åberg där man körde runt i en grötskål och samlade lingon.
Du är som fanatiker så mycket som du lyssnar på radion, kunde farsan säga när han kom ner på morgon och jag redan suttit uppe sen sex. Tankarna riktigt for i skallen när dom diskuterade litteratur och politik. Nå desto mer litteratur kom vi inte i kontakt med i skolan. Bara en gång kom jag ihåg speciellt, fröken hade bett oss gå till skolbibblo och låna bänkbok och jag hittade en som verkade intressant, den hette Skogshuggning. Det vart aldrig att jag läste den för hon sa, fröken, att den var för tjock. Nog för att du är lilla farbrorn, men man läser inte Thomas Bernhard när man går i femman, sa hon. Då hade jag inte förstått ännu att jag inte var som dom jämnåriga utan lillgammal, som man säger.
Assis dans ma cabane à la tombée de la nuit, je me suis souvenu de mon enfance. C'était spécial, maintenant que j'avais dépassé la vingtaine, de pouvoir regarder en arrière et de voir mon enfance avec un regard d'adulte. Bon sang, qu'est-ce qu'on courait dans ce village ! C'était presque comme à la maison, même si en réalité on habitait en ville. Le week-end, c'était la cabane. J'étais bon à l'école, mais j'attendais quand même avec impatience le vendredi, quand mon père venait nous chercher avec la vieille Volvo et qu'on partait. C'était sans doute parce que je trouvais les devoirs ennuyeux, même si j'étais le préféré de la maîtresse.
Pour les autres élèves de la classe il y avait de terribles pleurnicheries à cause des devoirs. Je les avais généralement déjà terminés avant la fin du cours. Je pouvais alors écouter la radio à la maison. J'étais, genre précoce, disaient-ils. Mais les jeux vidéo étaient aussi amusants, notamment mon préféré, Alfons Åberg, où l'on se promenait dans un bol de porridge et ramassait des airelles [1].
Tu es comme un fanatique, à écouter la radio autant que ça, disait mon père quand il descendait le matin et que j'étais déjà debout depuis six heures. Mes pensées s'emballaient dans le crâne quand ils discutaient de littérature et de politique. Mais pour dire, à l'école, nous n'étions pas mis en contact avec la littérature. Je me souviens d'une seule fois en particulier, la maîtresse nous avait demandé d'aller à la bibliothèque de l'école pour emprunter un joli livre et j'en avais trouvé un qui semblait intéressant, il s'appelait Skogshuggning[2]. Je ne l'ai jamais lu, car la maîtresse a dit qu'il était trop épais. C'est bien que tu sois lilla farbron[3], mon garçon, mais on ne lit pas Thomas Bernhard quand on est en cinquième année, a-t-elle dit. À l'époque, je n'avais pas encore compris que je n'étais pas comme les autres jeunes de mon âge, mais plutôt un vioc avant l’âge, comme on dit.
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Trägolvet i stugan min knäppte och gnisslade under en. Kaffe vid köksfönstret och soldarr bakom bergsbården i söder. Stirra på flugan som blivit fast mellan fönsterrutorna och surrar och vill upp och ut och studsar mot glasen bara med korta uppehåll för att gnida sina smutsiga ben mot varandra. Kanske att man började fundera mera kring hur det vart egentligen att man bosatte sig här. Kanske var det av nödvändighet. Svårt att få något i stan efter morsan och farsan och det att. Och sen så behovet, som det väl är för kustbon också, att inte kunna vara för långt ifrån det milsvida. Kalfjället mitt hav. Tätbebyggt område kväver lusten, vad man nu har den till. För vad som brann i mig och vad som var min plats i världen hade jag tidigare inte funderat nå desto mer på. Bland dom som var jämnårig hörde jag inte hemma. Det dom i regel drömde om, om det var fast anställning i gruvan och byta snöskoter varannan säsong, det var inte mitt. Det där lillgamla, som dom sa, gjorde nog att jag passade hit med gammfolket. Sånt vart det att man funderade där man satt vid köksbordet. Talltita och blåmes i automaten var det, och dom verkar som hotade alltid.
Det var väl av nå rädsla det vart byn också. Jag hade som inte lugnet där i stan under skolåren, i den ängsliga flocken som till varje pris sku hållas ihop och som jag aldrig riktig togs upp i. Inte är det nå att gräva ner sig i. Det att vara som utanför blev till sist självvalt också, eller man vart bekväm. Vad ska jag dit. Vävde i mig hit, bosatte mig och så småningom också mantalsskriven här.
Le plancher en bois de ma cabane craquait et grinçait sous mes pas. Café près de la fenêtre de la cuisine et, quelque part vers le sud, le frémissement du soleil derrière la crête de montagnes. Je fixais la mouche coincée entre le double-vitrage, qui bourdonnait et voulait sortir, rebondissant contre les vitres avec seulement de courtes pauses pour frotter en croix ses pattes sales les unes sur les autres. Peut-être que l'on commençait à réfléchir davantage à la raison pour laquelle on s'était installé ici. Peut-être était-ce par nécessité. Difficile de trouver quelque chose en ville après maman et papa et tout ça. Et puis le besoin, comme c'est le cas pour les habitants de la côte, de ne pas être trop écarté de l'horizon. La clairière chauve du plateau des montagnes, ma mer à moi. Les zones densément bâties étouffent l'envie, quel que soit l'usage que l'on en fait.
Pour ce qui brûlait en moi, et quelle était ma place dans le monde, je n'y avais jamais vraiment réfléchi avant. Parmi les gens qui avaient le même âge que moi, je ne me sentais pas être de leur monde. Ce dont ils rêvaient généralement, c'était d'un emploi stable dans la mine et de changer de motoneige tous les deux ans, mais ce n'était pas mon truc. Ce côté vieux papi, comme ils disaient, faisait que je m'intégrais mieux parmi les personnes âgées. C'est le genre de choses auxquelles on réfléchissait assis à la table de la cuisine. Des Mésanges boréales et des Mésanges bleues dans le distributeur à graines, et elles semblaient être toujours sous la menace.
C'était sans doute par peur que le village a fini par disparaître, lui aussi. Je n'étais pas à l'aise, là-bas en ville, pendant mes années d'école, dans ce groupe anxieux qui voulait à tout prix rester soudé et dans lequel je n'ai jamais vraiment été accepté. Ce n'est pas quelque chose sur laquelle il faut s'attarder. Être comme en dehors est finalement devenu un choix, ou plutôt un confort. Pourquoi devrais-je aller là-bas. Je me suis installé ici, je me suis établi et, petit à petit, je me suis aussi inscrit au registre des habitants du village.
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Det var lantbruket här bara ett par generationer tillbaka. Ett par av gårdarna var stora, att dom hade hästar och fjällkor och getter. Och tydligen, det fick jag veta senare, hade dom flesta renmärke också här i byn oavsett samiska eller finska. Men mera om hur länge och vars man var från ursprungligen vart det aldrig att man fick veta. Vad var det med just den här byn att man som inte berättade historian sin. Inget sa morsan och farsan och varken mor- eller farföräldrarna hade jag ju kvar att fråga. Ibland att man som fick känslan att det var nå man dolde eller skämdes för.
Själv hade jag som alltid varit nyfiken av naturen och en gång när Tage rätt vad det var började berätta om backen nere vid sjöstranden där man kunde se resterna av sommargravarna spetsade jag öronen och tryckte REC på min inre bandspelare. Man kunde inte få dödkropparna till stan då det var på artonhundratalet eller liknande, så man grävde ner tillfälligt på den där backen som ju är extra vacker med utsikt mot fjällmassivet. Jag tänkte ibland att jag sku skriva byns historia, eftersom den inte fanns. Och jag skrev men jag skrev i huvet och inte med penna.
C'était encore une région agricole il y a seulement quelques générations. Certaines fermes étaient grandes, elles avaient des chevaux, des Fjall des montagnes[4] et des chèvres. Et apparemment, comme je l'ai appris plus tard, la plupart des habitants du village, qu'ils soient Sámes ou Finlandais, possédaient aussi des marques d’identification des rennes. Mais on n'a jamais su exactement depuis combien de décennies ni d'où venaient exactement ces gens. Qu'est-ce qu'il y avait de particulier dans ce village pour que personne n’en raconte son histoire ? Ma mère ou mon père ne disaient rien, et je n'avais plus ni mes grands-parents maternels ni mes grands-parents paternels à qui poser la question. Parfois, j'avais l'impression qu'il y avait quelque chose qu'on cachait ou dont on avait honte.
Pour ma part, j’avais toujours été curieux de nature, et un jour, quand Tage s’est mis à parler de la pente de la berge juste au bord du lac où l’on pouvait voir les vestiges des fouilles de l’été, j’ai tendu l’oreille et appuyé sur le bouton REC de mon enregistreur interne. Au XIXe siècle ou dans ces zones-là, on ne pouvait pas transporter les corps en ville, alors on les enterrait provisoirement sur cette berge, qui est d’ailleurs particulièrement belle avec sa vue sur le massif montagneux. Je pensais parfois que j’allais écrire l’histoire du village, puisqu’elle n’existait pas. Et j’ai écrit, mais dans ma tête, pas avec un stylo.
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Hon hade på väggen en bonad med en stuga på, enslig i skogen. Alldeles starka färger mitt i allt brunt och mörkt. Den hade alltid hängt där och jag tror en gång som barn att jag försökte rita av den. Röd lyser stugan bak hängbjörkens slöja. Känner du hemmet från barndomens dar. Stod det broderat på. Motivet var exotiskt, för här finns inte den sortens björk, men det var också som att det var här i byn den där stugan låg. Hemmet från bardomens dar.
Elle avait au mur une broderie représentant une petite cabane, isolée dans la forêt. Peinte intégralement de couleurs vives au milieu de tout ce brun et de cette obscurité. Elle avait toujours été accrochée là et je crois qu’une fois, enfant, j’ai essayé de la dessiner. La cabane rouge brille derrière le Bouleau verruqueux. Tu reconnais la maison de ton enfance. C'est ce qui était brodé dessus. Le motif était exotique, car on ne trouve pas cette variété de bouleau ici, mais c'était aussi comme si cette cabane se trouvait ici, dans le village. Le chez-moi de mon enfance.
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Det var en fläck av dödfett med fjädrar på rutan. En liten blodstrimma. Nedanför köksfönstret låg steglits, så det ut som. Dom finns inte här. Det stod i fågelboken att han har munter sång och var budfågel i Egypten. Jag lät den ligga och tänkte att djungelns lag. Man ska inte ta i fåglarna för det kan vara smitta. Hur hade jag inte hört smällen, tänkte jag.
Gick mot jokken genom skogen sen och satte handen i kallvattnet så det small utav smärta. Såg upp mot kalfjället och att det var därifrån det rann. Hur många kallgrader där nu måntro. Jag tänkte på vintern. Jag såg fram emot den. Det skulle vara bra gemensamhet i det att jag sov så mycket och skogens sömn. Om skogen vilade kunde också jag.
Il y avait sur la vitre une tache de graisse morte mêlée à des plumes. Une petite traînée de sang. En dessous, ça pourrait être un Chardonneret élégant. Il n’y en a pas par ici. L’encyclopédie sur les oiseaux disait qu’il a un chant joyeux et qu’il était l’oiseau d’Égypte porteur de messages. Je l’ai laissé là, étalé, et je me suis dit que c’était la loi de la jungle. Il ne faut pas toucher aux oiseaux, car ils peuvent être porteurs de maladies. Je me suis demandé, comment n’avais-je pas entendu le choc contre la vitre.
Je me suis ensuite dirigé vers le jokk[5] à travers la forêt et j’ai plongé ma main dans l’eau froide, ce qui m'a fait sursauter de douleur. J’ai levé les yeux vers la clairière chauve du plateau des montagnes et j’ai vu que c’était de là qu’il coulait. Je me suis demandé quelle température il faisait là-haut à présent. J’ai pensé à l’hiver. Je l’attendais avec impatience. Il pourrait exister une belle coïncidence entre le fait que je dorme autant et le sommeil de la forêt. Si la forêt se reposait, je le pourrais aussi.
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Den låg som gömd lite, i en låda där det annars fanns solbrillor och snusnäsdukar. Jag slog upp och bläddrade och det var som ett skogsrå som fjätradde en. Det vart jag sittandes på kökssoffan och tiden bara försvann. Man fick följa ett par i Berlin under andra världskriget som vägrade gå med nazisterna. Jag kan inte säga riktigt vad som drog och gjorde fast mig. Men den var som ett skogsrå.
Il était un peu caché, dans une boîte où se trouvaient d’habitude des lunettes de soleil et des foulrads. Je l’ai ouvert et feuilleté, et c’était comme une skogsrå[6] qui vous envoûtait. Je me suis retrouvé assis sur le canapé de la cuisine et le temps s’est tout simplement envolé. On suivait un couple à Berlin pendant la Seconde Guerre mondiale qui refusait de se rallier aux nazis. Je ne saurais dire exactement ce qui m’a attiré et m’a captivé. Mais ce livre était comme une nymphe des bois.
Jaha, har du blivit sån där bohem, sa hon när jag låtsas glömma boken i fickan så den syntes. Inte säkert vad det nu var att anmärka på men. Lusten, den nästan erotiska, att söka rätt på någon att prata med om det lästa, jag hade blivit eljest och en sån där bohem och kanske att jag vart i behov av en som jag. Om det nu fanns alls här.
Just som med skogen blev boken flykten för mig. Att gå till skogs. I boken. Jag läste ut hela fastän den var tjock och det vart tyst i skallen. När jag gick ut sen och jag trodde att jag kanske kände porsen fick jag för mig att det var nå speciellt med det. När en fågel flög över mig, och kanske att det var vråken, fick jag för mig att det var något speciellt med det. Allt hade rätt vad det var blivit speciellt.
Ah bon, tu es devenu un de ces bohèmes, m’a-t-elle dit quand j’ai fait semblant d’oublier le livre dans ma poche pour qu’il soit visible. Je ne sais pas trop ce qu’il y avait à redire, mais. L’envie, presque érotique, de trouver quelqu’un à qui parler de ce que j’avais lu, j’étais devenu différent, un de ces bohèmes, et peut-être que j’avais besoin de quelqu’un comme moi. Si tant est qu’il y en ait un ici.
Tout comme la forêt, ce livre est devenu pour moi une échappatoire. Aller dans la forêt. Dans le livre. Je l’ai lu en entier, même s’il était épais, et tout est devenu calme dans ma tête. Quand je suis sorti ensuite et que j’ai cru reconnaître le myrte[7], j’ai eu l’impression qu’il y avait quelque chose de spécial là-dedans. Quand un oiseau a survolé ma tête, peut-être une buse, j’ai eu l’impression qu’il y avait quelque chose de spécial là-dedans. Tout à coup, tout était devenu spécial.
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Men på under hyllan böcker. Hela hyllmetern. Hopdammade och rättskit på. Jag tog arbetshandskarna och strök rent där, tog ut dom.
Det var gamla böcker. Jag kände inte igen namnen, utländska namn men böckerna var på svenska översatt. Bokomslagen var dom flesta samma stuk, blekvita och med kulörta teckningar som såg ut som Karl Bertil Jonsson som farsan tyckte om på julafton. Jag riktigt andades efternamnen. Kafka och Joyce och Beckett och Woolf och Flaubert och Fallada. Det var som jag hittat nå snuskigt, porrtidningar, det var hemligheter. Jag tog in alltihop och torkade rent.
Jag kom igång ordentligt och läste som tok. Lyssnade på radion på ett annat sätt och särskilt när dom pratade litteratur. Det verkade finnas ett sammanhang där nere i storstan med författare och experter och såna som tyckte till. Jag började fundera, och kanske också på som om jag var menad hit eller om det kanske fanns en annan mening där nere. Jag fick storstan i fantasin, drömde och romantiserade. Att söka andra sammanhang. Att det var där böckerna fanns och kom till.
Mais sur l’étagère du dessous, des livres. Pas un millimètre de vide. Couverts d'une épaisse couche de poussière et de saleté. J’ai pris mes gants de travail et j’ai tout nettoyé, puis je les ai mis au jour.
C'étaient de vieux livres. Je ne reconnaissais pas les noms, des noms étrangers, mais les livres étaient traduits en suédois. Les couvertures étaient pour la plupart du même style, d'un blanc pâle avec des dessins colorés qui ressemblaient à Karl-Bertil Jonsson, que mon père aimait bien voir au réveillon de Noël[8]. J’inspirais littéralement en moi ces noms de famille. Kafka et Joyce et Beckett et Woolf et Flaubert et Fallada. C'était comme si j'avais trouvé quelque chose de graveleux, des magazines pornos, c'était des secrets.
Je me suis vraiment mis au travail et j'ai lu comme un fou. J'écoutais la radio d'une autre manière, surtout quand ils parlaient de littérature. Il semblait y avoir un milieu là-bas, dans la grande ville, avec des auteurs, des experts et des gens qui donnaient leur avis. Je me suis mis à réfléchir, et peut-être aussi à me demander si j’étais destiné à cet endroit ou s’il y avait peut-être une autre raison par là-bas. Dans mon imagination, je me représentais la grande ville, je rêvais et je l'idéalisais. Chercher d’autres horizons. Que c’était là-bas que se trouvaient les livres et qu’ils y voyaient le jour.
Rådjuren gick på led utanför köksfönstret och nå nu finns det kaffe och bulla, sa hon, och så pratade vi inte mer om det.
Les chevreuils marchaient en file devant la fenêtre de la cuisine et, tiens, il y a du café et des roulés à la cannelle, a-t-elle dit, et on n’en a plus reparlé.
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Att bo som på en ö. Aldrig någon som passerade, väglöst land. Avskuren från allt just så pass utom renskötarna som kom och sov över när det var den säsongen. Eftersom byn våran ligger längre upp kan man se fjällmassivet. Man är på ett fjäll. Det är som speciellt egentligen, sa hon, symboliskt. Jag såg på henne att hon vart rörd. Hon som stannade upp. Spanade på småfåglarna mellan tallarna. Titta, sa hon, nu har vi domherren här också.
Vivre comme sur une île. Personne ne passait jamais, un pays sans routes. Coupés de tout, juste ce qu'il fallait, à part les éleveurs de rennes qui venaient et dormaient quand c’était la saison. Comme notre village est situé plus haut, on peut voir le massif montagneux. On est sur une montagne. C'est quelque chose de spécial, en fait, dit-elle, symboliquement. Je voyais qu'elle était émue. Elle, qui marquait une hésitation. Elle observait les petits oiseaux entre les pins. Regarde, dit-elle, maintenant on a aussi le Bouvreuil pivoine par ici.
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Nå hör du, sa hon, att vad ska det bli av dig då och log som alldeles varmt, man har ju alltid undrat. Jag log tillbaka. Dom spelade Säkkijärven polkka på radion. Jag tror du är en tänkare, sa hon sen, det blir nog litterat av dig. Jag sa att jo jag gillar att läsa, och då sa hon att nån man det förstod man att det sku bli. Jaha, sa hon sen, och nu har du blivit filosof och börjat fundera vem du är och vars du kommer ifrån. Ja inte vet jag, sa jag, men jo att nog är man nyfiken. Det är tråkigt med morsan och farsan din, och jag sa just till Mariann att nog är det synd om gossen att han vart så ensam redan vid tjugi års ålder, sa hon, Jag sa bara jo, tittade i bordsskivan. Men men, det hjälps inte, sa hon, och vad sak man göra.
Vi har vart här längre än dom vill tro, sa hon och jag tänkte att vem är dom. Hon fortsatte. Jag ska hämta åt dig ett litet släktträd jag gjorde när jag var i din ålder och intresserad som du. Inte är det hela historien, för den vet man inte, men jag har försökt sätta det jag vet dit och när det är att det saknas i kyrkoböckerna för det var ju vilda västen det här så har jag sa tack och satte den vikt i bröstfickan på flanellskjortan. Du ska veta att förr i tiden kallade dom det här för syndens by, sa hon. På midsommar var det stor fest här alltid och folk kom från hela älvdalen och sov i tält och söp som satan. Det var ju laestadianer i grannbyn så dom satte stopp för det sen där sen för tydligen hörde man dragspelet dit och det sa dom var djävulen. [...]
Dis donc, dit-elle, alors qu’est-ce qu’il va advenir de toi, et elle me sourit d’un air tout à fait chaleureux, on s’est toujours posé la question. Je lui rendis son sourire. À la radio, on passait la polka de Säkkijärvi[9]. Je crois que tu es un penseur, dit-elle ensuite, tu deviendras sûrement un homme de lettres. Je répondis, jôh j’aimais lire, et elle dit alors qu’on comprenait bien qu’il en serait ainsi. Hoplà, dit-elle ensuite, et voilà que tu es devenu philosophe et tu as commencé à te demander qui tu es et d’où tu viens. Je ne sais pas, dis-je, mais, jôh, c’est vrai qu’on est curieux. C’est triste pour ta mère et ton père, et je disais justement à Mariann que c’est vraiment dommage pour ce gosse d’être déjà si seul à vingt ans, a-t-elle dit. J’ai juste répondu, jôh, en regardant le plateau de la table. Mais bon, ça ne fait pas avancer les choses, a-t-elle dit, et qu’est-ce qu’on peut y faire.
Nous sommes ici depuis plus longtemps qu’ils ne veulent bien le croire, dit-elle, et je me demandais qui étaient ce « ils ». Elle poursuivit. Je vais te chercher un petit arbre généalogique que j’avais fait quand j’avais ton âge et quand je m’y intéressais autant que toi. Ce n’est pas toute l’histoire, car on ne la connaît pas, mais j’ai essayé d’y mettre ce que je sais, et quand il y a des lacunes dans les registres paroissiaux – parce que c’était le Far West ici –, j’ai dit merci et j’ai glissé le document dans la poche poitrine de ma chemise en flanelle. Tu dois savoir qu’autrefois, ils appelaient cet endroit le village du péché, dit-elle. À la Nuit de Walpurgis au solstice, il y avait toujours une grande fête ici et les gens venaient de toute la vallée du fleuve, dormaient sous des tentes et buvaient comme des trous. Il y avait des Læstadiens[10] dans le village voisin, alors ils ont mis fin à tout ça, car apparemment on entendait l’accordéon de là-bas et ils disaient que c’était le diable. [...]
Så det vart inte riktigt att Rosas papper stillade min hunger. Om något, mer säker på att min historia inte finns, lika lite som rävens eller ripans historia är nedskriven, och att det var meningslöst att fundera för mycket. Kanske är det också så att man blir tokig av att filosofera för mycket om samma sak och att det blir bäst om man sätter stopp innan det är för sent.
Les documents de Rosa n’ont donc pas vraiment comblé ma soif de savoir. Au contraire, j’étais plus convaincu que mon histoire n’existait pas, pas plus que celle du renard ou de la Poule de neiges n’est consignée par écrit, et que cela ne servait à rien de trop y réfléchir. Peut-être aussi que l’on devient fou à force de trop philosopher sur la même chose et qu’il vaut mieux s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard.
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På vägen upp såg jag älgkon som låg och dog. Man hittar ofta benhögar i skogen men den här hade sökt sig ner på byn och legat. Djuren har tendensen annars att dra sig undan för döden men. Den var som grotesk där den låg den tunga kroppen. Nacken böjd uppåt så den kunde hålla uppsikt fastän den knappast sku haft krafter att stå emot det rovdjur som kunde fått vittring.
Ögonen våra möttes och hon såg både trött och rädd ut. Uppgiven inför ödet sitt. Jag har sett i dom där stora mörka ögonen på älgjakten när dom tog rätt på köttet. Som att stirra ner i en djup tjärn i myren. Dom här var samma och nästan döda redan fastän hon levde. Jag ville inte plåga med min närvaro och gick vidare men jag vet inte, på nå sätt vart det som att det där fastnade.
Sur le chemin, en montant, j’ai aperçu la femelle élan qui gisait, mourante. On trouve souvent des amas d’os dans la forêt, mais celle-ci s’était aventurée jusqu’au village et s’était couchée. D’ordinaire, les animaux ont tendance à se retirer pour mourir, mais. Elle avait quelque chose de grotesque, allongée là, avec son corps lourd. La nuque relevée, comme pour garder la vigilance, même si elle n’avait sans doute plus la force de résister au prédateur qui aurait pu la repérer.
Nos regards se sont croisés et elle semblait à la fois fatiguée et effrayée. Résignée face à son destin. J’ai vu ce regard dans ces grands yeux sombres lors de la chasse à l'élan, quand ils se jetaient sur la viande pour la découper. Comme si on plongeait le regard dans un étang profond au milieu de la tourbière. Ces yeux étaient les mêmes, et déjà presque morts, même si elle vivait encore. Je ne voulais pas la tourmenter par ma présence et j’ai continué mon chemin, mais je ne sais pas, d’une certaine manière, c’est comme si ça s’était verrouillé.
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Vi hade fått rejält blåsväder och det kom från fälls och drog igenom hela dalen och ända till stan. Snön som var hård hade fått mönster och månkratrar under stormens kvastsvep och pisk. Två dagar höll det i. Ytterdörren skallrade och inne på farstugolvet vid den lilla springa jag länge tänkt täta vart en strimma av snö som sugits in med draget. Fönstren var i stort sett frost. Jag stängde in mig och eldade som tok och läste böcker.
Jag undrade på hur hon hade det i storstugan och om det behövdes ved men inte gick man gärna ut i det där vädret. I land- och sjörapporten sa dom tjugisju kallgrader men hit upp var den nog ännu lägre. Det är som ett kallhål det här.
Vid det laget, efter ett par månader med böckerna, hade jag fått en viss smak i litteraturen. Diffusa vaga historier som lämnade plats för egna bilder skulle det vara. Ofta franska och en del dikt. Suggestivt var ordet, som jag fått från radion säkert. Vad kunde man göra av det här, tänkte jag. Fanns det någon nytta att göra av det här. Folk tänkte nog i regel att läsningen mest var slöseri med tiden. Men jag vart som upptagen av idén att man kunde göra något av det där. Att det kunde bli nyttigt. Att det måste finnas nå mening också med böckerna.
Genom en frostfri fläck klistrad snöstormen. Den var horisontell som den svepte mellan tallarna. Den pekade mot stan.
Une sacrée tourmente s'était abattue sur nous et elle venait de la crête des montagnes et elle balayait toute la vallée alluviale jusqu'à la ville. La neige, qui était dure, s'était creusée de motifs et de cratères lunaires sous les rafales et les coups de fouet de la tempête. Cela a duré deux jours. La porte d'entrée cliquetait et, à l'intérieur, sur le sol du vestibule, près de la petite fente que j'avais depuis longtemps l'intention de colmater, une traînée de neige avait été aspirée par le courant d'air. Les fenêtres étaient en grande partie recouvertes d’une épaisse couche de givre. Je me suis enfermé, comme un fou j'ai fait un feu et j'ai lu des livres.
Je me demandais comment elle se portait dans la grande cabane et si elle avait besoin de bois, mais personne n’avait envie de sortir par ce temps-là. Dans le bulletin météo terrestre et maritime, ils annonçaient vingt-sept degrés sous zéro, mais ici dans les hauteurs, la température était probablement encore plus basse. A cet endroit, c’est comme un trou à froid.
À ce stade, après quelques mois passés avec les livres, j’avais pris goût à la littérature. Il fallait que ce soit des histoires vagues et diffuses qui laissaient place à mes propres images. Souvent en français, et un peu de poésie. Evocatrice, c’était le mot que j’avais sûrement entendu à la radio. Que pouvait-on en faire, me disais-je. Y avait-il quelque chose d’utile à en extraire. Les gens pensaient probablement qu’en règle générale la lecture n’était que gaspillage de temps. Mais j’étais comme saisi par l’idée qu’on pouvait en faire quelque chose. Que cela pouvait être avantageux. Qu’il faut bien qu’il y ait aussi du sens avec les livres.
La tempête de neige s’engluait dans une zébrure à l’abri du gel. Elle balayait les pins à l’horizontale. Elle pointait vers la ville.
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Jag fick för mig att jag behövde nå social stimulans, att byn inte räckte till. Kanske också att jag varit styv mot den generation jag ändå tillhörde.
Je me suis mis en tête que j'avais besoin de stimulation sociale, que le village ne suffisait pas.
Peut-être aussi que j'ai été exigeant envers la génération à laquelle j'appartenais pourtant.
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Men när det blivit jämnmörkt inne och ute kunde jag klart och tydligt se ett öga i söderfönstret. Jag stod helt stilla och såg på blänket i djupa blicken. Vi var inte mer än tre meter ifrån. Dörren alltjämt olåst och bössan farsans i gillestugan, inte fort nåbar härifrån. Hur ska man veta hur länge vi stod så. Men jag hann tänka att jag måste flytta härifrån. Ögat där ute vek undan och när hon långsamt rörde sin tjocka kropp och närmade sig bron såg jag att det var älgen. Jag sov inte alls den natten.
Mais quand il a fait complètement noir à l’intérieur comme à l’extérieur, j’ai pu voir clairement un œil dans la fenêtre sud. Je suis resté immobile et j’ai observé le reflet dans le regard profond. Nous n’étions pas à plus de trois mètres l’un de l’autre. La porte était toujours ouverte et le fusil de mon père se trouvait dans la salle commune, inaccessible d’ici. Comment savoir combien de temps nous sommes restés là. Mais j’ai eu le temps de penser que je devais m'éloigner d’ici. L’œil, là-bas, s’est détourné et, alors qu’elle bougeait lentement son corps massif et s’approchait du pont, j’ai vu que c’était l’élan. Je n’ai pas dormi de la nuit.
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Inte glömma vars du kommer ifrån. Rötter tar hemskt lång tid att bränna.
N’oublie pas d’où tu viens. Les racines mettent terriblement longtemps à brûler.
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Här på byn lämnar vi alltid dörren olåst för säkerhets skull så jag gick in och där låg han på hallmattan. Jag drog efter andan och såg ner i hans öppna ögon. Dom såg alldeles lugn ut. Och mörka som älgens eller ett djupt hål i myren. Det var tunna rödstrimmor i vitorna.
Ici, au village, on laisse toujours la porte ouverte par mesure de sécurité, alors je suis entré et il était là, allongé sur le tapis de l'entrée. J’ai retenu mon souffle et j’ai plongé mon regard dans ses yeux ouverts. Ils avaient l’air tout à fait sereins. Et sombres comme ceux de l'élan ou comme un trou profond dans une tourbière. Il y avait de fines stries rouges dans le blanc de l'oeil.
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Nog fanns det en lockelse i dödandet också och mer en utmaning med rörliga mål.
Certes, iI y avait sans doute aussi une certaine attirance dans le fait de tuer, et c'était davantage un défi avec des cibles mouvantes.
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Dansade långsamt på myren och for upp på en sten. Trött och djup. En gammal räv var det och stor och ståtlig. Det såg ut som han höll på och dog. Varför glodde dom eller var det bara jag som såg fel. När jag sku sova slamrade tjäderns vingslag i skallen och jag föll handlöst i älgens ögontjärn. Nä, tänkte jag, att härifrån måste jag bort. Jag gjorde planer. Allt kändes hemligt. Det var minus trettiofem och helt stjärnklart.
Il dansait lentement sur la tourbière et montait sur un rocher. Fatigué et profond. C’était un vieux renard, grand et splendide. Il semblait qu’il se préparait à mourir. Pourquoi me scrutait-il, ou était-ce juste moi qui me faisais des idées. Au moment de m’endormir, le battement d’ailes du Coq de bruyère claquait dans ma tête et je tombai, sans pouvoir rien y faire, dans l’étang calme du regard de l’élan. Non, me dis-je, je dois m’éloigner. Je fis des plans. Tout semblait secret. Moins trente-cinq. Nuit d’étoiles.
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II
Där var det som grått. Det fanns en björk utanför fönstret som inte var knotig och kort som hemma utan stor och hängig. Jag brukade vakna av att björkens nakna svarta skelett piskade löst mot rutan. Jag tolkade allt jag så poetiskt. Sörjan på gatorna. Det fanns en poetisk gråskala i storstan som jag ändå lärde mig uppskatta. En blekhet, som om allting blekts. Blecka hus och bleka gator och bleka jackor. Bleka björkar och bleka gardiner och blekt skitiga fönster. Där tågen gick. Där satt alkisar och surrade. Grus i rännor. Rännilar av gråvatten. Det vart som att man lärde sig gråskalan och blekheten.
Là-bas, tout était gris. Devant la fenêtre, il y avait un bouleau qui n’était pas noueux et trapu comme chez moi, mais grand et pendant. Je me réveillais souvent au son du squelette noir et nu du bouleau qui fouettait mollement la vitre[11]. J’interprétais tout cela de manière très poétique. La boue dans les rues. Il y avait une gamme de gris poétique dans la grande ville que j’ai tout de même appris à apprécier. Une pâleur, comme si tout avait été décoloré. Des maisons blafardes, des rues blafardes et des vestes blafardes. Des bouleaux blafards, des rideaux blafards et des fenêtres pâles et sales. Là où passaient les trains. Là où les ivrognes s’asseyaient et marmonnaient. Du gravier dans les caniveaux. Des ruissellements d’eau grise. C’était comme si on apprenait la gamme de gris et la pâleur.
Mest vart det att jag var in till stan och på det där caféet vid Mariatorget och tomglodde, och jag hade böckerna. Så småningom gav det jag läste mig en inre karta. Som en världsbild av böcker. Mest riktade jag in mig på Frankrike och hur det nu vart så vet jag inte men med varje bock jag skaffade kom en eller ett par till fransoser och så var det bara fortsätta grotta ner sig. Av Baudelaire fick jag Verlaine och av Verlaine fick jag Rimbaud och av Rimbaud fick jag Mallarmé och av Mallarmé fick jag Apollinaire.
Men med det där sysslolösa och bristen på riktigt arbete började dagarna snabbt sakna mening. Och utan mening vart det som meningslöst. Jag levde som en riktig bohem och började dricka vin för att ha nå att göra och så sov jag mer och mer. Halva dagarna. Gick och la mig tidigt för att slippa hitta på något och var sällan uppe före lunch. Första tiden i storstan var tom.
En gros, j’allais en ville, je m’installais dans ce café près de la place Mariatorget et je regardais dans le vide, et j’avais les livres. Peu à peu, mes lectures m’ont donné une carte intérieure. Comme une vision du monde à travers les livres. Je me suis surtout concentré sur la France, et je ne sais pas comment ça s’est passé, mais à chaque livre que j’achetais, un ou deux autres auteurs français s’ajoutaient, et il ne restait plus qu’à continuer à s’enfoncer dans cette grotte. De Baudelaire, je suis passé à Verlaine, de Verlaine à Rimbaud, de Rimbaud à Mallarmé, et de Mallarmé à Apollinaire.
Mais avec cette oisiveté et ce manque de véritable travail, les journées ont rapidement perdu tout sens. Et sans sens, tout devenait futile. Je menais une vie de véritable bohème et j’ai commencé à boire du vin pour m’occuper, puis j’ai dormi de plus en plus. La moitié de la journée. Je me couchais tôt pour ne pas avoir à inventer quoi faire et je me levais rarement avant le déjeuner. Mes premiers temps dans la grande ville étaient vides. Je ne servais à rien.
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Vin och öl och ska vi inte ta groggar. Det var något med hur det var norrsken i ögonen hennes när hon pratade om sånt som brände
Du vin, de la bière, et pourquoi ne prendrions-nous pas des grogs. Il se passait quelque chose en elle, il y avait dans ses yeux comme une aurore boréale quand elle parlait de choses qui la passionnaient.
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Hon va speciell till sättet. Hon berättade i telefon vad hon läst och jag kände just inte till något. Och att jag i dag till exempel, sa hon, har jag bara suttit och drömt mig bort till Le Lapin Agile på Montmartre där fantaisisterna umgicks. Tänk, sa hon, att sitta där med den massa rött vin och cigaretter hela dagarna och dikta och vilken lekfullhet det fanns i poesin på den tiden. Dom var som barn. Rimbaud till exempel han var ju faktiskt bara pojken.
Elle était spéciale dans son genre. Elle m’a raconté au téléphone ce qu’elle avait lu et ça ne me disait absolument rien. Et aujourd’hui, par exemple, m’a-t-elle dit, je suis restée assise à rêver du Lapin Agile à la butte Montmartre, là où se retrouvait toute la bohème artistique. Imagine, m’a-t-elle dit, être assise là avec tout ce vin rouge et ces cigarettes toute la journée à écrire de la poésie, et quelle espièglerie il y avait dans la poésie à cette époque. Ils étaient comme des enfants. Rimbaud, par exemple, n’était en fait qu’un petit garçon.
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En gång kommer jag ihåg speciellt då vi kom in på Beckett och jag kallade Godot existentialistisk. Hon vart som irriterad och sa att bara för det handlar om existensen är det inte existentialism. Jag tänkte att nä men du fattar. En annan gång hivade jag ur mig att det verkar vara typiskt franskt att skriva korta böcker och tog några exempel på franska kortromaner. Hon skrattade åt min dumhet den gången. Då har du inte läst Flaubert eller Stendhal, eller Proust för den delen. Hon hade dåligt tålamod. Och jag började ogilla tiden mellan gångerna jag fick träffa henne. Kanske att hon på nå sätt fick en att ogilla även sig själv. Att gilla att göra det.
Je me souviens spécialement d’une fois où nous avons abordé Beckett et où j’ai qualifié Godot d’existentialiste. Elle a semblé agacée et m’a dit que ce n’était pas de l’existentialisme simplement parce que ça traitait de l’existence. Je me suis dit, bon, enfin, tu vois ce que je veux dire. Une autre fois, j’ai laissé échapper que ça semblait typiquement français d’écrire des livres courts et j’ai donné quelques exemples de nouvelles françaises. Cette fois-là, elle a ri de ma bêtise. Dans ce cas tu n’as lu ni Flaubert, ni Stendhal, ni Proust. Sa patience était très vite à bout. Et j’ai commencé à détester le temps qui s’écoulait entre les moments où je pouvais la rencontrer. Peut-être que de cette façon elle poussait à se détester soi-même. À aimer faire ça.
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Jag fick med Duras i stiliga nätta danska band och Kafka och Camus med samma sorts omslag som dom jag hittat i uthuset vid stugan min och jag hade så småningom hela Modianos författarskap och av visa dubletter för jag hade tänkt att det var ju bra om man sku ge bort till nån kanske. Och på franska köpte jag också fastän jag ju inte kunde läsa dom, men jag kunde jämföra och så fick man några glosor på köpet och även om man inte förstod vad man läste fanns en musik i det. Jag sjöng på det där spåket. Det gick så längt alltihop att jag utökade min dagliga runda till fler antikvariat och samlade på mig fler exemplar av samma böcker. Det slutade handla om läsning, det vart nå annat. Jag ville ha författarna för mig själv. Och så fick jag nå att göra. Ett uppdrag. På spaning efter mina gamla vänner och alla sku dom hem till mig. Till och med jag tyckte var riktigt tråkig.
J’ai trouvé Duras dans de jolies éditions danoises très soignées, ainsi que Kafka et Camus avec le même genre de couverture que celles que j’avais trouvées dans la dépendance de ma cabane, et j’ai fini par posséder l’intégrale de l’œuvre de Modiano, ainsi que quelques doubles, car je me disais que ce serait bien, peut-être, de pouvoir les offrir à quelqu’un. Et j’achetais aussi des livres en français, même si je ne savais pas les lire, mais je pouvais comparer et on apprenait quelques mots de vocabulaire en prime, et même si l'on ne comprenait pas ce que l'on lisait, il y avait une musique là-dedans. Je chantais dans cette langue. Tout cela est allé si loin que j’ai étendu ma tournée quotidienne à davantage de librairies d’occasion et que j’ai accumulé plusieurs exemplaires des mêmes livres. Il ne s’agissait plus de lecture, c’était devenu autre chose. Je voulais garder les auteurs pour moi tout seul. Et j’ai alors trouvé quelque chose à faire. Une mission. À la recherche de mes vieux amis, et ils devaient tous venir chez moi. Même moi, je trouvais ça d'un mièvre.
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Under dom första två månader sedan jag träffat Vera Brandt fyllde hon tre såna där vaxduksböcker. I och för sig bara på ena sidan, aldrig på baksidan, och med slarvig stil som tog plats. Jag tänkte att det där skrivandet hennes var som läsandet för mig, att det som var nödvändigt. Behovet att skriva var som en fysisk tyngd i fingertopparna, sa hon med sin dialekt, eller som ett kladdigt äckel på händerna att bli av med. Jag önskade mig det tunga kladdet.
Au cours des deux premiers mois qui ont suivi ma rencontre avec Vera Brandt, elle a rempli trois de ces carnets avec couverture en toile cirée. En fait, seulement sur un côté, jamais au dos, et avec un style négligé qui prenait de la place. Je me disais que cette écriture-ci était comme la lecture pour moi, qu’elle était une espèce de nécessité. Le besoin d’écrire était comme un poids physique au bout des doigts, disait-elle dans son dialecte, ou comme une substance gluante et dégoûtante sur les mains dont il fallait se débarrasser. Je rêvais de cette substance lourde et gluante.
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Hon verkade sorglös först när man träffade henne men man kunde som se det depressiva djupet hennes nånstans där långt bakom. Dit fick man inte komma. Jag håller mig med ett svaghetsförakt, sa hon. Det är visserligen riktat inåt mest men. Människan är en i grunden optimistisk varelse, sa hon, och det är så vi har klarat oss. Jag kom att fundera på min inställning till allt det nya och meningslösheten i mina dagar. Det här företaget med böckerna som Vera Brandt och jag tagit gjorde ingen nytta för någon annan. Det var onödigt. Men så sku Vera Brandt aldrig tänka. Hon höll hårt i sin konstiga dunkla och dubbla optimism. Medan hon murade uppåt grävde jag nedåt.
Au premier abord, elle semblait insouciante, mais on pouvait comme percevoir la profondeur de sa dépression quelque part, bien au fond d’elle-même. Il ne fallait pas s’y aventurer. Je me protège en méprisant la faiblesse, disait-elle. C’est vrai que cela s’adresse surtout à moi-même, mais. L’homme est un être fondamentalement optimiste, disait-elle, et c’est ainsi que nous nous en sommes sortis. Je me suis mis à réfléchir à mon attitude face à tout ce qui était nouveau et à l’absurdité de mes journées. Cette entreprise avec les livres que Vera Brandt et moi avions lancée n'a été d'aucune utilité pour personne d’autre. C’était stérile. Mais Vera Brandt n’aurait jamais pensé ainsi. Elle s’accrochait fermement à son étrange optimisme, sombre et ambigu. Tandis qu’elle construisait vers le haut, je creusais vers le bas.
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Och så läste jag böcker på ett nytt sätt. I stället för att sluka berättelserna och det som hände, bli slav under det teologiska begäret som Vera Brandt sa, läste jag långsamt och funderade kring hantverket som man säger. Just som man kunde vara bra eller dålig på kroppsarbetet i skogen kunde man vara bra eller dålig på att berätta. Och bra eller dålig på att läsa. Jag fick som ett språk för det där. Eller så fick jag inte det och kanske var det det dom gillade på tidningen. Att jag bara sa.
Men nog var det annat i storstan. Inte var det som hemma. Det var som ett helt annat språk egentligen och så hade jag rätt vad det var två.
Et j’ai alors lu les livres d’une nouvelle manière. Au lieu de dévorer les récits et ce qui s’y passait, de devenir esclave de ce désir théologique dont parlait Vera Brandt, je lisais lentement et je réfléchissais à l’artisanat, comme on dit. Tout comme on pouvait être doué ou maladroit pour le travail physique en forêt, on pouvait être doué ou maladroit pour raconter. Et doué ou maladroit pour lire. J’ai trouvé une sorte de langage pour ça. Ou peut-être que je ne l’ai pas trouvé et que c’était justement ce qu’ils aimaient au journal. Que je me contentais de dire.
Mais c’était bien différent dans la grande ville. Ce n’était pas comme chez moi. C’était comme une langue complètement différente, en fait, et j’en avais deux, en quelque sorte.[12]
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Jag vart sittandes vid lampan i hallen ett bra tag och läste. En del tankar helt svindlande och jag kände igen saker från våra samtal, resonemang jag ansträngt mig för att hänga med i. När man hade som svart på vitt och kunde läsa i lugn och ro förstod jag bättre. Om jag vart imponerad när hon pratade var det inget jämfört med hur jag häpnade inför det här. En del annat bland hennes anteckningar stämde som överens med sånt jag själv tänkt och kanske också sagt. Kunde ha sagt. Men bättre och som djupare. Det var inte rätt att läsa, kände jag efter ett tag, och jag satte boken bort och försökte att inte tänka mer på den.
Je suis resté à lire, dans le vestibule, un bon moment, assis près de la lampe. Certaines pensées étaient tout à fait vertigineuses et je reconnaissais des éléments de nos conversations, des raisonnements que j’avais eu du mal à suivre. Quand on avait tout cela noir sur blanc et que l'on pouvait lire dans le calme et en toute tranquillité, je comprenais mieux. Si j’avais été impressionné quand elle parlait, ce n’était rien comparé à ma stupéfaction en face de tout cela. D’autres éléments de ses notes correspondaient à ce que j’avais moi-même pensé et peut-être aussi dit. Aurais pu avoir dit. Mais en mieux et plus profondément. Ce n’était pas correct de lire ça, ai-je senti au bout d’un moment, et j’ai éloigné le livre en essayant de ne plus y penser.
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[...] och vad jag som person kunde ha att komma med förstod jag inte. Om något kanske hon tyckte om att känna sig själv bättre och att lära. Att jag vart en smutsig spegel för hennes briljans. Jag tänkte att hon väl så småningom sku inse att det fanns alltför stor obalans i det. Men jag tänkte också att kanske var det ändå nå.
[...] et je ne comprenais pas ce que moi, en tant que personne, je pouvais lui apporter. Si tant est qu'elle ait aimé quelque chose, c'était peut-être de mieux se connaître et apprendre. Que j'étais en face de sa brillance un miroir souillé. Je me disais qu’elle finirait bien par se rendre compte qu’il y avait là-dedans un déséquilibre beaucoup trop important. Mais je me disais aussi que peut-être ça le fait.
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Jag frågade att återvände han någon gång till Paris den där unga författaren. Jo, sa hon, att nog återvände han men Paris så som han kände det fanns inte kvar längre. I upplevelsen av att få rötterna uppslitna mot ens vilja och tvingas fly finns något djupt söndrande, sa hon, och att effekten ofta blir en större existentiell vilsenhet. Hur ska man veta man är om man inte är säkert på vars man kommer ifrån, sa hon. Jag frågade att hade han inga minnen kvar från barndomen och hon sa att jo visst hade han det men. Minnet kan vara så diffust och om man inte förvarnas att man måste flytta utan bara rätt vad det är sätts på flykt hinner man kanske inte säkerhetskopiera, sa hon. Vad tänkte du, säkerhetskopiera, sa jag. Jo, jag har en idé om att man måste befinna sig fysiskt på sina minnens platser för att fullt ut kunna minnas dom. Och om man kommer tillbaka först flera år senare, som han gjorde, och då var mycket äldre och dessutom fylld av upplevelser från sitt nya liv uppstår ett slags absurditet, som hon sa, när platserna inte överensstämmer med minnena. Det är samma absurda som hos Camus eller Beckett, alltså direkt otäckt är det. Att ifrågasätta allt i sitt förflutna, ifrågasätta sin egen person.
J'ai demandé si ce jeune écrivain était un jour revenu à Paris. Jôh, m'a-t-elle répondu, il y est bien revenu, mais du Paris qu'il connaissait il n'en restait plus rien. Il y a quelque chose de profondément déchirant dans le fait de se voir arraché de ses racines contre sa volonté et d’être contraint de fuir, a-t-elle dit, et cela se traduit souvent par un sentiment d'égarement existentiel encore plus profond. Comment savoir qui l’on est si l’on n’est pas sûr d’où l’on vient, a-t-elle ajouté. Je lui ai demandé s’il ne lui restait aucun souvenir de son enfance et elle m’a répondu que si, bien sûr, mais… La mémoire peut être si diffuse et si l’on n’est pas prévenu que l'on doit déménager, mais qu’on est mis en fuite sans crier gare, on n’a peut-être pas le temps de faire une copie de sauvegarde, a-t-elle dit. À quoi pensais-tu, faire une copie de sauvegarde, ai-je demandé. Jôh, j'ai l'idée qu'il faut être physiquement présent dans les places de ses souvenirs pour pouvoir s’en souvenir pleinement. Et si l’on n'y retourne que plusieurs années plus tard, comme il l’a fait, alors qu’on est beaucoup plus âgé et, de surcroît, imprégné des expériences de sa nouvelle vie, il en résulte une sorte d’absurdité, comme elle l’a dit, lorsque les lieux ne correspondent pas aux souvenirs. C’est le même absurde que chez Camus ou Beckett, c’est-à-dire que c’est carrément effrayant. Remettre en question tout son passé, remettre en question sa propre personne.
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Men det handlar lika mycket om längtan efter rötter i största allmänhet, sa hon, och om att inte veta vars man hör hemma.
Mais il s'agit tout autant d'une quête de racines dans le monde des gens, a-t-elle dit, que du fait de ne pas savoir où est sa place.
Jag tänkte att hon hade fel men sa inget. Mina minnen hade blivit klarare sen det att jag for hemifrån. Det var först när jag kom till storstan jag riktigt klart kunde se myren och daggen fryser på viden där i september och att det rullar tjock dimma i älvdalen kring när jakten börjar. Jag hade som inte sett det tidigare men när jag kom på håll vart det nästan obehagligt starkt i huvet.
Je pensais qu'elle avait tort, mais je n'ai rien dit. Mes souvenirs s'étaient éclaircis depuis que j'avais quitté la maison. Ce n'est qu'une fois arrivé à la ville que j'ai pu voir très clairement la tourbière et la rosée gelée sur les saules en septembre, et cette épaisse brume qui envahit la vallée du fleuve lorsque commence la chasse. C'était comme si je ne l'avais jamais vu avant, mais quand je me suis approché de cette pensée, il y avait presque une intensité désagréablement forte dans ma tête.
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Så mycket hade jag förstått att såna som snackar Kafka oftast mest är posörer.
J’avais bien compris que ceux qui placotent sur Kafka sont pour la plupart de vastes poseurs.
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Jag funderade vad jag sku läsa härnäst, när man var människa igen, och bestämde mig för Thomas Bernhard.
J'ai réfléchi à ce que j'allais lire par après, une fois redevenu humain, et j'ai choisi Thomas Bernhard.
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För att uppgå i den litterära miljön, sa jag, som en baudelairsk flanör, la jag till och flinade lite. Hörru du den litterära miljön finns inte, sa han. Här är bara karriärister som skriver det man får bäst betalt för. Alla vill bli någonting, vad det nu är att bli någonting. Det är som absurdism nästan, man kan göra metafysik av det om man är lagd på det sättet, sa han.
Pour me fondre dans le milieu littéraire, dis-je, comme un flâneur à la Baudelaire, ajoutai-je en esquissant un petit sourire. Écoute, le milieu littéraire n’existe pas, dit-il. Ici, il n’y a que des carriéristes qui écrivent ce qui paye le plus. Tout le monde veut devenir quelqu’un, quoi que cela puisse signifier que de devenir un quelqu'un. C’est presque de l’absurdisme, on peut en faire de la métaphysique si on est de cette trempe-là, dit-il.
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Utanför fönstret ville sommaren tvinga sig på en med sitt vita migränljus. Antingen duschade jag inte alls på flera dar eller också låg jag på badrumsgolvet med varmvattnet på tills skinnet ömmade. Allt vart som extremt.
De l’autre côté de la fenêtre l’été voulait forcer le passage avec sa lumière blanche qui donnait la migraine. Soit, je ne me douchais pas du tout pendant plusieurs jours, soit je restais allongé sur le sol de la salle de bain, l’eau chaude coulant jusqu’à ce que ma peau soit à vif. Tout était extrême.
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Om någon frågar att hur är det sku jag svara bra. En fras att hålla i för säkerhets skull.
Si quelqu’un me demandait comment ça va, je répondrais, bien. Une phrase à garder sous le coude, par mesure de sécurité.
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Försiktigt och bara lite vinklade jag upp persiennerna så jag såg ut. Jag tänkte på Beckett som vi pratat om och ett citat jag tror var från Godot. Att kvinnan föder gränsle över en grav och att dagen glänser till bara ett kort tag innan det blir natt igen. Och på Rilke som skrev att den gravida kvinnan bär både ett barn och en död. Det kändes som teater att jag satt där och tänkte på livets förgänglighet, eller att det är försvunnet som det är. Fast det var ingen som såg.
Prudemment, j’ai juste légèrement relevé les stores pour regarder dehors. J’ai pensé à Beckett, dont nous avions parlé, et à une citation qui, je crois, venait de Godot. Que la femme accouche à cheval sur un tombeau, le soleil brille un instant et c’est la nuit à nouveau. Et à Rilke qui a écrit que la femme enceinte porte en elle à la fois l’enfant et la mort. C’était comme dans une pièce de théâtre, j’étais assis là et je pensais à la fugacité de la vie, ou au fait qu’elle soit déjà perdue telle qu’elle est. Mais personne n'a rien vu.
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Mest brände det när vi kom in på en rad som jag sku komma att bära länge sen, om regnet och gräset som möts i en oändlig rörelse. Den vart som Martin Ljungs tegelsten, för tung att slänga bort, på kassetten Tages han alltid spelade.
C’est surtout quand nous sommes arrivés à un vers que j’allais garder longtemps en tête, celui où la pluie et l’herbe qui se rencontrent dans un mouvement infini, que ça m’a le plus touché. C'était comme le vers d’oreille de Martin Ljung, trop obsédant pour être contré, sur la cassette que Tage passait en boucle.
Jag sa åt henne läsa högt en bit och vi satt och filosoferade sen kring hur vädret och vad som hände utanför fönstret stod i så skön samklang med jordsorgen hennes, som hon sa, som drev runt i texten. Det var bra när hon högläste.
Je lui ai demandé de lire un passage à haute voix, puis nous nous sommes assis et avons philosophé sur la façon dont le temps et ce qui se passait derrière la fenêtre s'accordaient si bien avec la tristesse de la terre, comme elle disait, qui allait et venait dans le texte. C'était bien quand elle lisait à haute voix.
Jag bottnade i vad uppgiften i livet mitt blivit. Je me suis mû jusqu’au fin fond de ce qu’était devenue la mission dans ma vie.
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I din bok får vi möta en filosof närmare slutet av hans liv, sa jag och så for det liv i han och han avbröt och sa att nej. Det är inte i slutet av hans liv. Ett tiotal år till efter det levde han visserligen filosofen, det hade jag kollat upp, men sa ingenting och gick vidare. Hur har det varit, sa jag att grotta i det här mörkret filosofens medan du har skrivit. Han såg ut att ha gett upp och sa att det där med mörkret, jag är så trött på det. Alltid detta tal om mörker. Det här är ingen mörk bok, sa han. Jag försökte skämta och sa det att i boken när filosofen gömmer sig i skrubben för att slippa prata med folk, där nere är det väl ändå rätt mörkt, ingen skrattade. Men hur kom det seg, frågade jag, att du sku skriva en bok om filosofen, det är en bok om tiden.
Dans ton livre, nous rencontrons un philosophe vers la fin de sa vie, ai-je dit, et alors ça a pris vie en lui et il m'a interrompu pour dire, non. Ce n’est pas à la fin de sa vie. Le philosophe a certes vécu encore une dizaine d’années après cela, j’avais vérifié, mais je n’ai rien dit et j’ai continué. Comment ça s’est passé, ai-je demandé, à ausculter l’obscurité de cette grotte du philosophe pendant que tu écrivais. Il semblait avoir baissé les bras et a dit, de cette histoire d’obscurité j’en ai tellement marre. Toujours ces discours sur les ténèbres. Ce n’est pas un livre sombre, a-t-il dit. J’ai essayé de plaisanter en disant que dans le livre, quand le philosophe se cache dans le placard pour éviter de parler aux gens, il fait quand même assez sombre là-dessous, personne n’a ri. Mais comment ça t'est venu, ai-je demandé, que tu écrives un livre sur le philosophe, c’est un livre sur le temps.
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Lydia kom förbi rätt vad det var på gatan av en tillfällighet och sa står du här helt själv och blossar. Det var väl som lite eljest, tyckte hon nog.
Juste à ce moment-là, Lydia est passée comme par hasard dans la rue et m'a dit, tu te tiens ici tout seul et tu lâches tes bouffées. Elle a dû trouver ça un peu borderline.
Det är som så lätt att hålla igång samtal där i storstan. Bara man tar bort sig själv.
C'est tellement facile d'entretenir la conversation dans une grande ville. Il suffit de se mettre en retrait.
Egentligen, tänkte jag, var boken att skärma av och försvinna. Jag gick inte på krogen för att möta människor, ville jag tro i alla fall [...]
En réalité, me disais-je, le livre servait à occulter et à disparaître. Je n’allais pas au bar pour rencontrer des gens, du moins c’est ce que je voulais croire [...]
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Jag förstod att allt var utan mening, sa hon sen. Att enda meningen är att göra sin egen mening av menigslöheten. Jag behöver fortsätta föra stenblocket upp på backen och göra om det fastän jag vet att det ska rasa tillbaka varenda gång. Jag var inlagd två gånger, sa hon. Släntrade runt i landstingskofta och det var skönt att för en gångs skull känna sig bättre än någon annan människa. Dom andra var ju galningar på riktigt.
J’ai compris que tout cela n’avait pas de sens, a-t-elle dit ensuite. Que le seul sens qui soit est de conférer son propre sens à l’insensé. J’ai besoin de continuer à faire rouler le bloc de pierre jusqu'en haut de la berge, de le refaire, même si je sais qu’il va se précipiter à chaque fois en arrière. J’ai été hospitalisée deux fois, dit-elle. J’errai en rond habillée d'un cardigan du Conseil du comté et c’était agréable, pour une fois, de se sentir mieux que n’importe qui d’autre. Les autres, eux, c’était de vrais fous.
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Jag gick hem tyst i sotsvarta natten, med skam men också irriterad. Den där undersökningen Vera Brandts hade vuxit sig så speciell i min fantasi [...]. Jag funderade också på vad hon hade texten till. Vad hon hade mig till. I trottoaren ett inbillat svagt sken mörkrött från glöden på min cigarett. Jag visste det. Att vi snart sku skiljas åt och gripa gåtans svar i flykten var för sig.
Jag såg mig omkring på gatorna när jag var i stan nästa dag, för att kolla om någon var efter mig. Det vart krig i huvet mellan å ena sidan att jag fått syn på en galenskap hos henne Vera Brandt och å andra sidan att jag själv var galen. Att böckerna ätit det sista grå av hjärnan min och blivit verkligheten.
Je rentrais chez moi en silence dans la nuit noire comme de la suie, rongé par la honte mais aussi irrité. Cette recherche de Vera Brandt avait pris une place si spéciale dans mon imagination [...]. Je me demandais aussi à quoi lui servait ce texte. À quoi je lui servais. Sur le trottoir, une faible lueur imaginaire, rouge foncé, provenant de la braise de ma cigarette. Je le savais. Que nous allions bientôt nous séparer et saisir la réponse à l’énigme, dans la fuite, chacun de notre côté.
Je regardais autour de moi dans les rues quand j’étais en ville, le lendemain, pour voir si quelqu’un me suivait. C'était la guerre dans la tête entre, d'une part, le fait que j'avais perçu une folie chez elle, Vera Brandt, et, d'autre part, le fait que j'étais moi-même fou. Que les livres eussent dévoré le dernier lambeau de mon cerveau et étaient devenus réalité.
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Kanske har arbetet varit ett desperat försök att greppa mitt förflutna men det är ju just det, mitt förflutna, en tid som flytt, eller som slösats bort, som egentligen är en bättre översättning av Prousts titel.
Peut-être que ce travail a été une tentative désespérée de faire le point sur mon passé, mais c’est justement ça, mon passé, un temps qui s’est enfui, ou qui a été gaspillé, ce qui est en fait une meilleure traduction du titre de Proust.
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I en lagerlokal strax utanför stan sålde dom secondhandkläder i lösvikt. Jag hittade en brun manchesterkavaj som kändes litterärt rymlig. Det var svinbra med kavaj, insåg jag, det kändes som om man var någon. På väg nånstans. Jag tänkte på Sartres avund inför trädets så fast bestämda identitet. Att det var drömmen, kunna stå som stortallen rotad och klar.
Dans un entrepôt juste à la sortie de la ville, on vendait au poids des vêtements d’occasion. J’ai trouvé une veste en velours côtelé marron qui semblait offrir tout un espace littéraire. C’était génial d’avoir une veste, me suis-je rendu compte, j’avais l’impression d’être quelqu’un. En route vers quelque part. J’ai pensé à la jalousie de Sartre face à l’ineffaçable en-soi de l’arbre. Que c’était le rêve, de pouvoir se tenir debout comme le grand pin, enraciné et prêt.
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Nog vet jag att rovfåglar kan man inte tygla. Ensamma är dom dömda poeten, som Beaudelaires albatross och som vråken. Jag kunde inte hålla i när hon slet sig, hon var större och stark och hon visste hur man gör och vad man säger, hon föraktade det svaga och dränkte sitt mörka. Vera Brandt som fågel var inte en vacker idé nå mer. Man ska inte ta i fåglarna. Det kan vara smitta. Jag gick och hon fick vara i fred med sitt rus.
På gatan nedanför kunde jag se hur hon ryttlade ovan alla dom andra bleka. Med vråkens sylvassa rovblick så hon ner på festen och på storstan och hon försvann och jag tänkte att hit hör jag inte.
Je sais bien qu’on ne peut pas dompter les rapaces. Seuls, ils sont des poètes maudits, comme l’albatros de Baudelaire et comme la buse. Je n’ai pas pu la retenir quand elle s’est arrachée de là, elle était plus grande et plus forte, et elle savait comment faire et quoi dire, elle méprisait la faiblesse et noyait sa noirceur. Vera Brandt, un oiseau, ce n’était plus qu’une belle idée. Il ne faut pas toucher les oiseaux. Ça peut être contagieux. Je suis parti et elle a pu rester en paix dans son ivresse.
Dans la rue en contrebas, je pouvais la voir planer au-dessus de tous ces autres êtres pâles. Avec le regard de prédateur acéré du milan, elle a regardé la fête là en-bas et la grande ville, puis elle a disparu et je me suis dit que je n’avais pas à ma place ici.
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Det finns en gränssten. Stod det. Där finns en gränssten i samma granit som gravsten. Polerad blek alldeles och med vackerord. Det kan vara att drömmarna vilar däri. Det kan vara reträtten, att backa och söka hem. Det kan vara när man minns gränsstenen att den är blekheten. Kanske att också hemmen våra har bleknat när vi varit ifrån. Stod det i vaxduksbocken. Jag bläddrade och tänkte att det sku stå nå mer men det var bara det.
Il y a une borne frontière. C’est ce qui était écrit. Il y a là une borne frontière du même granit que les pierres tombales. Entièrement polie et pâlie, avec de belles inscriptions. C’est peut-être là que reposent les rêves. C’est peut-être battre en retraite, le fait de reculer et de chercher son chez-soi. C’est peut-être quand on se souvient de la borne frontière qu’on se rend compte de sa pâleur. Peut-être que nos maisons aussi se sont fanées pendant que nous en étions éloignés. C’est ce qui était écrit dans le livre à couverture en toile cirée. J’ai feuilleté les pages en pensant qu’il y aurait autre chose, mais c’était tout.
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III
Nattåget kom runt gruvberget och det var knappt man kände igen stans silhuett efter att dom rivit. Inte hade jag varit borta nå länge egentligen men det går fort och malmen ska fram så vad är det att älta. Det brukade vara explosioner av gult så här års, för höstfärgerna blir tydligen extremare med kylan, men nu låg en gråskala över stan, tyckte jag och på nå sätt var det inte stan nå mer. Det var speciellt att återvända till något som inte längre är. Men stan hade heller aldrig varit hemma, det var ju byn, om hemma ens fanns, att man funderade. Sen jag farit hade jag blivit osäker.
Le train de nuit a contourné la montagne minière et on reconnaissait à peine la silhouette de la ville après qu’ils en aient déchiré un côté. Je n’étais pas parti depuis très longtemps, en réalité, mais le temps passe vite et il faut extraire le minerai, alors à quoi bon s’attarder là-dessus[13]. Il y avait d'habitude des explosions de jaune à cette période de l'année, car les couleurs de l'automne deviennent apparemment plus extrêmes avec le froid, mais maintenant, des nuances de gris recouvraient la ville, me semblait-il, et d'une certaine manière, ce n'était plus la ville. C'était spécial de revenir vers quelque chose qui n'est plus. Mais la ville n'avait jamais été non plus son chez-moi, c'était le village, si tant est qu'il y eût un chez-soi, dont on se demandait s'il existait. Depuis mon départ, j’étais devenu incertain.
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Kallvattnet från jokken och kalfjället vart så gott kaffe. Det hade man glömt. Mörkgrå sjok som rusade i skyn ovan älvdalen. Fjällmassivet helt bakom moln. Vita gäss nere på sjön och vide slets jämn med myren. Det låg ett vemod över byn och inga djur såg jag.
L’eau froide du jokk et de la montagne nue faisait un si bon café. On l’avait oublié. Des nuages gris foncé qui se précipitaient dans le ciel au-dessus de la vallée du fleuve. Le massif montagneux entièrement caché derrière les nuages. Des oies blanches sur le lac et des saules qui s’étendaient à perte de vue dans le marais. Il y avait une certaine mélancolie sur le village et je ne vis aucun animal.
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Vad sku man annat göra än att moloken vandra hem igen. Jag tog en annan väg än den vanliga, upp i skogen och längs med jokken. Höga flöden och det åt sig in i skallen dånet. En laxöring som hoppade. Genom ett hål i molntäcket skar ett kritvitt ljus. Jag stängde ögonen. Gick ner på huk och satte händerna i kallvattnet så det small.
Que faire d’autre que de laisser le molok rentrer à nouveau chez soi. J’ai pris un autre chemin que d’habitude, en haut, dans la forêt, le long du jokk. Le courant était fort et le grondement me résonnait dans la tête. Une truite fario sautait. À travers une trouée dans la couverture nuageuse, une lumière d’un blanc éclatant perçait. J’ai fermé les yeux. Je me suis accroupi et j’ai plongé mes mains dans l’eau froide jusqu’à être saisi de convulsions.
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Jag satte mig på sofflocket och hon vid köksbordet och så tittade vi rakt fram, jag på keramiken och hon på sjön. Röd lyser stugan bak hängbjörkens slöja på broderiet och jag tänkte att jaha då var man här.
Je me suis assis sur le couvercle de la banquette et elle à la table de la cuisine, et nous avons regardé droit devant nous, moi vers le poêle en faïence et elle vers le lac. La cabane rouge de Falun derrière le Bouleau pleureur brille sur la broderie, et j’ai pensé, aha c’est ici, à cet endroit qu’on avait été.
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Det var nog att vi smög oss fram lite först.
Au début, on a dû avancer discrètement dans l’échange de paroles.
Till tomterna här hörde mer än bara hemman. Dom där blekta gränskäpparna med renlav på var inte bara för avstyckat ägande, dom skilde på folk också.
Ces arpents de terre ne comprenaient pas seulement des chez-soi. Ces piquets de délimitation décolorés, recouverts du Lichen des rennes, ne servaient pas seulement à baliser les propriétés, ils séparaient aussi les gens. [...] ..., där i storstugan, och funderandets konst består i att avbryta tänkandet just innan det dödliga ögonblicket, så det vart inte att vi pratade nå desto mer om det. Hon tog från skafferiet och bjöd kvarblivna drömmar. När du var liten, sa hon, så sa du att bästa ugnen är i storstugan för där spricker drömmarna så bra, att det blir rätta mönstret. Det skrattade vi gott åt.
[...] ...såg hon på mig och sa. Räven har lyan och himmelens fåglar sina hon bon men människosonen har inget ställe där han kan vila sitt huvud. Det är Matteus. ( Le traducteur invite à écouter l'Évangéliste de la Johannes Passionen av Johann Sebastian Bach. A ce passage de ma traduction, c'est Vendredi-Saint.En suédois, je comprends. Toute mon enfance ma mère chantait les Passions au Wilhelmer Chor et jouait Bach au piano. )
[...] ..., dans la grande cabane, et l'art de la réflexion consiste à mettre un terme à la pensée juste avant le moment fatal, si bien que nous n'en avons pas parlé davantage. Elle alla chercher quelque chose dans le cellier et nous offrit des restes de rêves[14]. Quand tu étais petit, dit-elle, tu disais que le meilleur four était celui de la grande cabane, car là les rêves craquellent à merveille et prennent la juste forme. Ça nous a bien fait rire.
[...] ...elle m’a regardé et m’a dit, le renard a sa tanière et les oiseaux du ciel ont leurs nids, mais le fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. Selon Matteus.[15] ------------------------------
Det var som att jag hade nå oro i kroppen ändå och inte att jag visste vad egentligen. Jag stängde ögonen och försökte få fatt men det bara for i skallen. Herregu att det nästan rätt vad det var blivit obehagligt att gå på byn. Att jag tänkte att folk glodde i fönstren.
C’était comme si je détenais tout de même dans le corps une certaine tourmente, sans savoir exactement l’appréhender. J'ai fermé les yeux et j'ai essayé de comprendre, mais ça ne faisait que de ricocher dans mon crâne. Bon sang, c'était presque devenu désagréable d'aller au hameau. Je pensais que derrière les fenêtres les gens étaient plantés à regarder.
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Dom där korna mötte vi ibland när vi lekte som barn, och mitt i skogen kunde man hitta dom. Vi sa att herregu är ni inte orolig att dom går bort sig. Men han sa gamm-Fjällborg att dom går aldrig längre än trädgränsen och sen hittar dom tillbaka när dom blir hungrig.
On croisait parfois ces vaches quand on jouait, enfants, et on pouvait les trouver au milieu de la forêt. On lui disait, mais bon sang, tu n’as pas peur qu’elles se perdent. Mais il a répondu, le vieux-Fjällborg, qu’elles n’allaient jamais plus loin que la limite des arbres et qu’elles retrouvaient ensuite leur chemin quand elles avaient faim.
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Sjön passerade under mig och jag skar in i dalen. Här kunde man möta turister i kajak och ibland ensamma strötyskar med ryggsäck som vart som förskräckt alltid när man kom antingen med skotern eller bössan på ryggen om det var jakten.
Le lac défilait sous mes pieds et je m'enfonçais dans la vallée. On pouvait y croiser des touristes en kayak
et parfois des Allemands solitaires avec un sac à dos qui, effrayés, s'écartaient toujours quand on arrivait,
que ce soit en motoneige ou avec un fusil sur le dos si c'était la saison de la chasse.
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Hur vart det att boksidorna inte sög och sjöng längre, hur vart det att inte lyste nå mer, [...]
Comment se faisait-il que les pages des livres n’absorbent plus et que leur chant ne dure plus longtemps, comment se faisait-il qu’elles ne brillaient plus maintenant, [...]
Jag tog av mig fastän det var kallt och gick ner mot älven till. [...]
Je me suis déshabillé même s’il faisait froid et je suis descendu vers le fleuve. [...]
Jag slängde en blick upp mot kalfjället där det var snöfläckar och tänkte att därifrån rinner smältvattnet ner i älven i strimmor och vattnet var verkligen svinkallt när jag välte ner i det blågröna klara. Också i skallen vart det klart och jag blundade och vart ett med harren och siken, [...]
J’ai jeté un coup d’œil vers le sommet chauve de la montagne où il y avait des taches de neige et j’ai pensé que de là, l’eau de fonte ruisselait en filets dans le fleuve, et l’eau était vraiment glaciale quand je me suis effondré dans ce bleu-vert limpide. Dans ma tête aussi, tout était devenu clair, j’avais fermé les yeux et je ne faisais plus qu’un avec les Ombres communs et les Corégones, [...]
Inga djur såg jag och inte örnen som man ibland kunde få ögonkontakt med där den snurrade några kilometer upp i bergskrevan. Ensam var jag och hade som barn lovat att av alla platser på jorden var det här jag sku bli. Det hade jag på samvetet. Om inte att jag ärver så vem. Om inte att jag ser markernas öde i vitögat, så vem.
Je ne vis aucun animal, pas même l’aigle avec lequel on pouvait parfois croiser le regard alors qu’il s'engouffrait sur quelques kilomètres, vers le haut, dans la crevasse de la montagne. J’étais seul et, enfant, je m'étais promis que de tous les endroits sur terre, c’était ici que je deviendrais. J’avais cela en moi dans ma conscience. Si ce n’est pas moi qui en hérite, alors qui. Si ce n’est pas moi qui vois en face le destin des terres, alors qui.
Fin du reportage sur la traduction
et exactement à ce moment j'écoute en direkt sur SR P2 du jazz d'une artiste sáme de Laponie de la région de Umeå >>>
Les Sámes m'avaient partout accueilli ou hébergé, ils voyaient que je ne savais pas ce qu'était de tricher avec la vie
Tunnel de Honningsvåg Longueur 6,9 kilomètres, pente 9% en ligne droite, 212 mètres sous la mer
Mon dernier tunnel avant ma 2ème conquête du Nordkapp, entré le 11-08-2016 à 11h37, ressorti à 13h17
J'étais passé par la Tornédalie, les deux côtés des berges du fleuve, les villes, les villages et hameaux, les endroits décrits par ce roman de Mattias Timander
En traduisant ce roman j'ai tout le temps senti qu'en moi l'appel du Norr est fort
et me revenaient tout le temps - même en dehors des phrases duales - énormément de diapositives
que j'avais mises en tête tout au long de mes expéditions arctiques à vélo.
Je pouvais parfaitement revoir en moi la luminosité qu'il faisait à tel ou tel endroit,
ma déclivité par rapport aux cimes, au jokk, aux lacs, à la mer, aux tunnels
et le bonheur de chaque moment que personne ne pourra jamais copmprendre puisqu'ils ont été les miens,
car là j'avais vécu, car ici je les vis.
Jag stängde ögonen mina som sved och pressade vråken som kallnat mot ansiktet och snusade i fjäderdräkten. Och en gång var den så mäktig.
Je fermai mes yeux qui me brûlaient, pressai la buse des montagnes et des neiges, refroidie, contre mon visage et humai son plumage. Et pourtant, elle était si majestueuse.
Ce roman de 200 pages en a 100 de moins que chacun des autres romans suédois que j'ai traduits.
Il est aussi beaucoup plus court, par page il n'a que 25 lignes au lieu de 35. Il ne me reste plus que 30 pages. Il y a 80 chapitres.
A ce stade j'en suis déjà à 5 lectures complètes du roman: 1 quand je recopie en SV chapitre par chapitre à la main sur mon PC avec Word, 2 quand je traduis, SV + FR, 1 quand je relis en FR le chapitre en entier en fin de journée et 1 le lendemain matin quand je relis en FR
A ceci s'ajoute les innombrables retours en arrière sur des chapitres précédents pour des ajustements sur tel ou tel mot ou passage.
Quand le roman est traduit en entier, je recommence 3 autres lectures complètes: 2 en parallèle FR/SV et 1 uniquement en FR. Encore un mois de travail.
Un roman traduit me demande donc 5 + 3 = 8 lectures complètes
Chacun des romans précédents = 1000 heures / 3 mois, c'est Word qui fait les relevés statistiques.
Je ne lis JAMAIS à l'avance le roman suédois, je le découvre en le traduisant. C'est un gage d'authenticité.
^Alfie Atkins Åberg est une série télévisée d'animation suédoise en seize épisodes de 10 minutes réalisée par Per Åhlin sur un scénario de Gunilla Bergström, adapté de ses propres livres du même nom, dont treize épisodes diffusés du 31 décembre 1979 au 19 janvier 1982, et trois épisodes du 18 mars au 1ᵉʳ avril 1994 sur SVT1. Un jeu de société en a été tiré.
^Skogshuggning : Des arbres à abattre sous-titré Une irritation (titre original allemand: Holzfällen) est un roman de l'écrivain autrichien Thomas Bernhard publié en 1984.
^Lilla farbron: Le Petit Monsieur tout seul - Sagan om den lilla farbrorn, de Barbro Lindgren, 1979. Le livre pour enfant illustré par Eva Eriksson commence ainsi : « Il était une fois un petit monsieur. C'était un petit monsieur très solitaire. Personne ne s'intéressait à lui, même s'il était gentil. Ils le trouvaient trop petit. Et ils trouvaient qu'il avait l'air trop bête. »
^Fjall : race bovine suédoise qui appartient au rameau nordique. Race ancienne directement issue des populations élevées par les Vikings. Provient des montagnes centrales de Suède. À la suite de nombreux croisements, la race a failli disparaitre dans les années 1980. Depuis 1995, les éleveurs sont fédérés en association et les effectifs sont aujourd'hui faibles mais stabilisés autour de 1000 individus en 2025.
^Le mot jokk signifie « cours d'eau » en langue sáme.
^Skogsrå : une créature féminine surnaturelle de la forêt dans le folklore suédois. Skog = forêt. La skogsrå se présente sous les traits d’une belle femme au tempérament apparemment aimable. De face, elle ressemble à une femme, mais vue de dos, elle a souvent une queue et un dos creux et pourri, un pied humain et un pied de cheval, ainsi qu’une peau semblable à de l’écorce d’arbre. Les hommes qu'elle incite à la suivre dans la forêt sont égarés, et elle se moque de sa victime. Un homme séduit croyait qu'on le ramenait chez lui, quand tout disparut et qu'il se retrouva dans un marécage. L'homme séduit peut être ruiné, perdre sa santé et sa raison après lui avoir rendu visite à plusieurs reprises. Ou bien, l'homme qui a eu des rapports sexuels avec la Skogsrå peut devenir un introverti, car son âme est restée avec elle. Si l'homme séduit est un chasseur, il peut être récompensé par la chance à la chasse, mais s'il est infidèle à la skogsrå, il sera puni par de terribles désagréments. On dit également qu'elle accorde son affection et sa générosité au charbonnier, ou au bûcheron.
^Pors en suédois = myrte, l'une des plus anciennes épices de Scandinavie. Aujourd'hui, il est surtout connu comme épice pour l'aquavit, mais des fouilles archéologiques montrent qu'il était autrefois couramment utilisé dans le brassage de la bière. Le myrte pousse à l'état sauvage dans les marais, les tourbières et près des cours d'eau.
^Le conte de la veille de Noël de Karl-Bertil Jonsson : un court métrage d'animation suédois de 1975 qui s'inspire d'un récit de Tage Danielsson tiré de son livre Contes pour enfants de plus de 18 ans, publié en 1964. Le film est diffusé chaque veille de Noël depuis 1975 sur Sveriges Television. Le conte, illustré par Per Åhlin. Karl-Bertil Jonsson, âgé de 14 ans, travaille à la poste suédoise. Un soir de Noël, Karl-Bertil, qui admire beaucoup Robin des Bois, décide en secret de mettre les cadeaux de Noël destinés aux riches dans un sac à part et de les distribuer à la place à de nombreuses personnes démunies...
^Säkkijärven polkka (prononcé en finnois : [ˈsækːiˌjærʋen ˈpolkːɑ] ; la « polka de Säkkijärvi »), également appelée la « polka carélo-finnoise », est une chanson finlandaise très populaire, appréciée notamment des accordéonistes finlandais. La mélodie a été enregistrée pour la première fois à Säkkijärvi (aujourd'hui Kondratievo dans l'oblast de Léningrad, en Russie). Les paroles, lorsque l'on décide de les chanter, rappellent que si la région de Säkkijärvi en elle-même a été perdue en 1940, au moins les Finlandais ont-ils pu en conserver la polka.
^Le læstadianisme est un mouvement religieux conservateur luthérien né au milieu du XIXe siècle sous l'impulsion du pasteur prédicateur revivaliste et botaniste Lars Levi Laestadius de Pajala en Laponie. Il est implanté dans les pays nordiques. Le nombre de Læstadiens dans le monde est estimé entre 144 000 et 219 000 personnes. Les Læstadiens de Finlande font partie de l'Église évangélique-luthérienne de Finlande. Les Læstadiens mettent un accent central sur la doctrine luthérienne de la justification (le pardon et la grâce). Dans la pratique læstadianiste, lorsqu'un chrétien a commis un péché, que ce soit en pensée ou en acte, il doit l'avouer à un autre croyant. Il est donc courant de confesser ses péchés à un autre croyant en toute occasion.
^"squelette noir et nu du bouleau". Un lecteur du sud qui n'a jamais été au-dessus du Cercle Polaire arctique, trouve ce mot "squelette" saugrenu. Il n'en est rien. Au-dessus du Cercle Polaire les bouleaux sont bas, trapus, noueux, en bosquets. Dans le sud les bouleaux sont élancés et n'ont du feuillage qu'à la cime.
^Pour le traducteur aussi. N'ayant à Strasbourg personne à qui parler en suédois, je me surprends de nouveau, en accompagnant ce livre, que depuis 5 ou 6 jours je rêve la nuit entière en suédois. Et là, je vous assure, je suis bien meilleur. Ça converse, ça échange, ça rigole, c'est sérieux et ça vient entièrement de moi, puisque je fais des dialogues entre des gens de mon invention.
^Gruvberget: la montagne minière, la « montagne » de Kiruna, située à 300 km au nord du cercle polaire arctique, dans le comté de Norrbotten, en Suède, au-dessus de la mine de Kiruna qui est la plus grande mine de fer souterraine du monde. La colline de Kiruna se déploie à une altitude moyenne de 400 à 500 m et domine la ville. La «montagne de Kiirunavaara », elle-même largement attaquée par la mine de fer qui occupe une gigantesque étendue. Ce vaste espace est très longtemps resté vu de Stockholm, située à 900 km plus au sud, comme une marge continentale lointaine et enclavée. D'ailleurs le très grand temple en bois, construit en 1905 dans le pur style romantique suédois et inspiré de l'art sáme, vient d'être déménagé de 5 kilomètres en 2025 sur des gigantesques remorques à roulettes pour éviter son affaissement dû à l'exploitation minière. Régulièrement des maisons de Kiruna sont abandonnées et les habitants déménagent aussi un peu plus loin vers une zone stable. Kiruna est le mot suédois pour nommer le Lagopède alpin, Lagopède des rochers, Perdix des neiges.
^drömmar = les rêves en suédois, mais aussi les biscuits à la vanille, des petits gâteaux sablés très fondants lorsqu’ils sont tièdes et plus croustillants en refroidissant avec un doux parfum.
Aujourd'hui j'ai de nouveau traversé Gotland, mais un peu plus au nord pour aller à l'archipel de Slite, au Slite skärgård. Un soleil qui me sort de l'ordinaire, rasant comme quand j'étais en plein mois de juillet deux fois au Cap Nord avec un vélo à traction animale. Un tel soleil rasant offre aussi un ciel d'un tel bleu nordique scandinave, simplement parce que la lumière du soleil traverse une couche atmosphérique plus longue et de biais. L'éventail chromatique de la lumière du soleil est donc partiellement filtré. Sous un tel ciel, un vrai ciel, je sais que je suis moi, une faculté d'être que je ne trouve jamais chez nous dans ma région d'origine et de transhumance. Les gènes de ma grand-mère danoise, Marie Sievers de Osterborstel - Tellingstedt, gigotent alors en moi dans tous les 5 sens. Jag är bara mig själv, här och ingen annanstans. je ne suis seulement que moi-même, ici et nulle part ailleurs. Jag bränner här alla mina brev, je brûle ici toutes mes lettres. Le vrai langage est en moi, det sanna språket finns i mig. Ailleurs je n'exprime pas. Du sud au nord en Suède, Norvège, aux Îles Lofoten et encore au Danemark au nord, j'ai cette capacité (re)trouvée à exister, et aussi en Laponie finlandaise. Je sais qu'à Fårö je me baignerai dans l'être et dans le jamais avoir été.
Je me souviens avoir eu pour la 1ère fois ce sentiment d'existence et de la force du langage quand j'étais enfant, vers 6 ou 7 ans, quand nous étions en vacances au Danemark à la pointe extrême nord, à Skagen, où se séparent la mer du Skagerrak et celle du Kategatt, et où les forts courants marins de la Mer du Nord s'engouffrent pour rejoindre vers l'est la Baltique. D'ailleurs Skagen est à la hauteur de Göteborg et de Visby. Et, comme par une magie de la vie, quand j'avais 25 ans ma petite amie, Gunylla Lervik, suédoise, chorégraphe et peintre, venait de Göteborg.
L'Alsace ayant été annexée par les allemands de 1870 à 1918, mon grand-père avait dû aller dans la marine de guerre allemande, et pendant la guerre de 14-18 il avait été torpillé deux fois par les russes et avait été repêché 2 fois. Ce sera peut-être mon tour dans 2 semaines car je prendrai le ferry de Visby à Rostock et passerai exactement dans la zone où Nord Stream 1 & 2 ont été saboté à 4 endroits par les russes.
Aujourd'hui j'ai fait 108 kilomètres et j'ai pris 92 photos. Pour aller j'avais un très fort motvind, et pour le retour je n'avais plus à pédaler. En 1 sur place + 4 jours de sorties depuis Visby, du 24 au 28 septembre inclus, j'ai fait 24+450 kilomètres, mais avec ce elcykel. C'est correct, mais en 2016 ou 2014, quand je suis monté au Cap Nord en vélo couché ou à vélo droit, j'avais au moins fait autant, mais sans moteur et avec une remorque. J'étais chaque jour sur les routes pendant 10 à 11 heures, car je faisais énormément de pauses. Vous voyez tout en bas, qu'avec ce VAE je suis moitié du temps sur les routes, et je peux faire d'une traite chaque trajet même sans faire une pause, sans manger et sans boire. J'ai pourtant l'assistance minimale, sinon il n'y a plus d'électricité, soit au maximum 60% et 30 Nm au lieu de 350% et 70 Nm. En réalité, l'assistance adaptative ne me soutient jamais plus de ~~ 17% en moyenne en fonction de la pression exercée sur le pédalier, et sur route, même en montagne et avec un plateau de 34 et une cassette de 14-51 en 11 vitesses, elle reste modérée. Par contre je tourne à plus de 80 rpm.
Demain je visite à pieds la ville fortifiée hanséatique de Visby, que j'ai déjà visitée lors de 3 voyages d'été précédents. Après-demain je vais à Fårösund tout au nord de Gotland, et j'y reste au moins une semaine.
Dans l'hôtel à Lautenthal près de Salzgitter il n'y a que des statues très anciennes en bois venant d'Indonésie.
Et comme quotidiennement, la douce chaîne du destin m'enlace encore de son châle.
A l'hôtel il n'y a que moi et... des danois avec lesquels j'ai discuté en suédois et eux en danois.
Depuis 7 ans j'ai surtout été animé par les multiples accents et langues norvégiennes (le bokmål et le nynorsk, le kväni dans la Nordkapp Kommuna), les diverses langues suédoises régionales, le suédois très articulé de la Finlande suédophone et les variantes lapones du scandinave en Finlande, Suède et Norvège.
Je crois avoir compris qui ploie mon destin de cette manière aussi sûrement et dans cet ordre cet été, en dehors de l'oie de Nils Holgersson: c'est ma mémé danoise Marie Sievers de Tellingstedt du Ditmarschen, région qui avait été annexée par le Kaiser Wilhelm II. .
Jusqu'à présent c'était toute ma vie ma mémé maternelle Germaine Lutz qui m'avait sorti de tous les mauvais sorts, encore récemment. Elle était née en 1900.
Mais depuis cet été Marie Sievers me ramène en Scandinavie. Comme jeune fille elle était politiquement active et était dans le Komitee pour le retour sous la couronne danoise. Mais toute l'Europe avait été lâche et n'était pas intervenue contre le Kaiser.
Déjà à Aberdeen en 2008, en Écosse quand je me sentais être un Highlander avec ma Hotchkiss de 1925, c'était Marie Sievers qui était aux commandes. En effet, lors de la "Potato-Famine", la famille Sievers a émigré au Danemark au lieu d'aller comme les autres Écossais et Irlandais en Amérique.
Mais ce n'est pas tout.
Dans mon voyage à l'aveuglette de cet été 2017, si je tombe avec booking.com sur cet Historisches Hotel à Lautenthal dans la Harz ce n'est de nouveau pas un hasard, det finns ingen tillfällighet, det är bara ödet - il n'y a pas de hasard, ce n'est que le destin.
Mon grand-père né en 1879 avait été dans la Kaiserliche Marine, comme l'Alsace avait été occupée par les Allemands de 1870 à 1918. Et justement il a fait des campagnes im Pazifischen Ozean aussi en Indonésie avec le SMS Planet. "SMS Planet" signifie "Segel-Motor-Schiff Planet" car ce navire océanographique (das Vermessungsschiff - le navire des mesures cartographiques océaniques) avait des voiles et une chaudière à vapeur qui actionnait une hélice. Il existe toujours sur les cartes maritimes la Fosse du Planet découverte par l'équipage dans laquelle était mon grand-père. Cette fosse a toujours ce nom, puisque le SMS Planet en est l'inventeur. Elle se trouve à gauche de l'Indonésie.
Toute mon enfance, mon grand-père me montrait, assis sur ses genoux, ses énormes albums photographiques où il y avait de beaux navires, les derniers canibales et aussi les indigènes nus et dans les paillotes. C'était absolument inouï ces photos expliquées par mon grand-père qui ne parlait que l'allemand. Mon grand-père était au Japon sous l'ère du Meiji, en Chine pour la "Guerre des Boxers", dans les Îles Samoa, les Fidschi, et dans les "Großvater-Inseln / Iles du grand-père" comme disent les allemands en parlant de toutes leurs possessions dans le Pacifique Sud qu'ils ont toutes perdues.